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L'intérieur rénové de la synagogue d'Alexandrie en Égypte. L'intérieur rénové de la synagogue d'Alexandrie en Égypte.  

Dialogue entre juifs et chrétiens: les valeurs d’un héritage commun

Chaque année, le 17 janvier, mais cette année le 16, à la veille de la grande semaine de prière pour l’unité des chrétiens (18-25 janvier), l’Eglise catholique en Italie célèbre la «Journée du judaïsme»: «une marque de grande estime de l’Église pour le judaïsme». Une Journée également célébrée en Pologne, en Autriche et aux Pays-Bas.

Cet événement vise à offrir aux chrétiens l'occasion de se souvenir avec gratitude des racines juives de leur foi, ainsi qu'à les sensibiliser au dialogue permanent avec le judaïsme, affirme le père Norbert Hofmann, secrétaire de la Commission du Saint-Siège pour les relations avec le judaïsme,.

La valeur de la vie, trait commun 

Le 28 octobre 2019, à l'occasion du 54e anniversaire de la Déclaration Nostra Aetate, rappelle le père Hofmann, une déclaration conjointe a été signée par des représentants des confessions chrétienne, juive et musulmane, qui s'oppose fermement à l'euthanasie et au suicide assisté. «La vie humaine est un don de Dieu et, du début à la fin, elle doit être protégée contre les interventions manipulatrices de l'homme». C'est la conviction commune des juifs, des chrétiens et des musulmans qui ont signé le document.

La rencontre interreligieuse avait été organisée par l'Académie pontificale pour la vie, dont le président, Mgr Vincenzo Paglia, a signé le texte en tant que représentant du Saint-Siège.

Du côté juif, la déclaration commune a été ratifiée par les délégués du Grand Rabbinat d'Israël; du côté musulman, par les représentants d'une organisation indonésienne et par le plus haut juriste musulman des Émirats arabes unis.

Le texte condamne catégoriquement l'euthanasie et le suicide assisté comme étant immoraux et répréhensibles sur le plan religieux. Aucune pression ne devrait être exercée sur les institutions médicales pour mettre artificiellement fin à la vie humaine, même si cela ne contrevient pas à la juridiction. Les croyances religieuses des personnes concernées devraient être respectées et les soins palliatifs renforcés.

Patrimoine, histoire, racines

Juifs, chrétiens et musulmans, partageant ces croyances fondamentales, ont clairement montré que les trois religions dites abrahamiques ont des valeurs communes, notamment la protection de la fin de vie, insiste le secrétaire pour les relations avec le judaïsme, avant de relever: «Déjà dans “Nostra Aetate”, il est fait référence au fait que juifs et chrétiens ont un patrimoine commun en raison de l'imbrication de leur histoire et de leurs racines».

Ainsi pour les chrétiens, le dialogue avec les juifs n'est pas un simple passe-temps pour mieux se connaître et se comprendre; c'est plutôt une question d'identité, poursuit le père Hofmann. «Ce n'est qu'en regardant leurs racines juives que les chrétiens pourront comprendre plus profondément leurs propres origines et leur avenir et se mettre en rapport de façon appropriée avec le judaïsme».

Le Pape François a d’ailleurs souvent souligné qu'un chrétien par nature ne peut être antisémite «parce que le christianisme a des racines juives». «Si un chrétien était antisémite, il couperait la branche sur laquelle il est assis, renoncerait à son identité originelle, se déracinerait et flotterait dans un espace indéfini...»

 

 

15 janvier 2020, 17:28