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Le cardinal Ayuso, ici lors de sa création comme cardinal par le Pape François lors du Consistoire du 5 octobre 2019. Le cardinal Ayuso, ici lors de sa création comme cardinal par le Pape François lors du Consistoire du 5 octobre 2019. 

Le dialogue interreligieux, un outil indispensable pour la construction de la paix

Un service interreligieux a été organisé ce mardi 28 janvier 2020 en l’église Saint-Nicolas-de-Flüe, à Genève, à l’initiative du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg et de la mission permanente de l’ONU à Genève. La soirée a été introduite par Mgr Ivan Jurkovic, observateur permanent du Saint-Siège auprès du Bureau des Nations Unies à Genève.

Le cardinal Miguel Angel Ayuso Guixot, président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, est intervenu au sujet du Message du Pape François pour la 53e Journée mondiale de la paix, intitulé : «La paix, un chemin d’espérance : dialogue, réconciliation et conversion».

Il a remarqué la différence entre la recherche de la paix comme unité personnelle et intérieure, et «l’aspiration à la paix comme vision politique et sociale des institutions et des sociétés, civiles ou religieuses», mais tout en soulignant que «ces deux aspirations à la paix ne sont pas sans lien».

«Comme le fait le Pape, il nous faut hélas constater que notre monde, à la fois puissant et fragile, quelquefois fraternel et souvent injuste, rarement solidaire et plus souvent prévaricateur, engendre la tentation d’un pessimisme destructeur, quand ce n’est pas la suprématie de l’arsenal pervers de la violence, a reconnu le cardinal Ayuso. Mais ce soir, nous voulons ensemble disposer d’une capacité de réponse à tout cela: un moment de méditation et de prière. Le privilège de la prière, pour nombre des diverses religions représentées ici ce soir, s’accompagne du respect sacré pour la dignité de chaque femme et de chaque homme qui est la base des droits fondamentaux de la personne humaine.»

S’enrichir mutuellement entre religions

Avec les croyants d’autres religions, il est vertueux de procéder à un «échange de dons» pour comprendre que les différentes traditions religieuses peuvent s’enrichir mutuellement, sans rien renier de leur identité respective : «Nous, en tant que responsables religieux, n’hésitons pas déployer la seule “arme” dont nous disposons pour rappeler que la paix, dans son cortège solidaire et fraternel, reste le socle sur lequel devrait reposer la vie des hommes et des femmes de notre temps. Voici donc ce soir, à travers un acte conjoint d’intériorité, que se manifeste ce “savoir-faire” de ceux qui, chaque jour, chaque semaine, dans leurs synagogues, leurs temples, leurs églises et leurs mosquées, vénèrent le Dieu unique, dans la diversité et l’unité. Non, Dieu n’a pas disparu du cœur des hommes et des femmes de ce temps.»

Le cardinal Ayuso a conclu en citant l’invocation de Clément de Rome, le 4e Pape de l’Église catholique, qui a régné de 92 à 99 : «Laissons donc là les soucis vains et inutiles, rangeons-nous à la glorieuse et vénérable règle de notre tradition. […] Adhérons à ceux qui cultivent pieusement la paix non à ceux qui feignent de la vouloir. […] Prenons donc notre part d'actions si nombreuses, […] et revenons en hâte vers le but de la paix qui nous a été proposé dès le commencement ; les yeux fixés sur le Père et le Créateur de l'univers, attachons-nous à ses présents magnifiques et incomparables nés de la paix et à ses bienfaits.  Contemplons Dieu par la pensée ; considérons des yeux de l'âme sa volonté pleine de patience ; réfléchissons à combien il est bon envers toute sa création !»

«À la suite du Pape Clément et aujourd’hui avec le Pape François, nous sommes appelés à dire “une nouvelle manière d’habiter la maison commune” pour qu’en contemplant “la générosité du Créateur” et son infinie sagesse, jaillisse enfin la paix», a conclu le président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux.

Ce service interreligieux a également été marqué par des interventions de représentants du judaïsme, du bouddhisme, du protestantisme, de l’orthodoxie et de l’islam en Suisse. En conclusion de la cérémonie, Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg, a lu la prière de saint François d’Assise.

29 janvier 2020, 12:37