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Le Pape François lors de la rencontre promue par l'Institut pour le dialogue interreligieux d'Argentine Le Pape François lors de la rencontre promue par l'Institut pour le dialogue interreligieux d'Argentine  (Vatican Media)

François met en garde contre les intégrismes

Le Pape a reçu ce lundi matin les participants à une rencontre promue par l’Institut pour le dialogue interreligieux d’Argentine sur le document sur la fraternité humaine signé à Abu Dhabi le 4 février.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

L’ambassade d’Argentine près le Saint-Siège organise avec le concours du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux et en collaboration avec l’Institut du dialogue interreligieux une rencontre sur un des textes les plus importants de cette année, la déclaration sur la Fraternité humaine signée à Abu Dhabi lors du voyage du Pape François dans l’émirat. C’est la preuve que ce document se diffuse partout dans le monde, et notamment en Amérique latine, comme s’en félicite le Saint-Père.

Dans son discours ce lundi matin aux participants de cette rencontre, François a rappelé que «nos traditions religieuses sont une source nécessaire d’inspiration pour créer une culture de la rencontre. La coopération interreligieuse, basée sur la promotion d’un dialogue sincère et respectueux est fondamentale».

Responsabilité des croyants

Selon le Pape, le monde observe les croyants et leur demande de donner des «réponses concrètes aux nombreuses plaies de notre monde comme la guerre et la faim, la misère qui afflige des millions de personnes, la crise environnementale, la violence, la corruption et la dégradation morale, la crise de la famille, de l’économie et surtout, l’absence d’espérance».

À tout cela, la culture du dialogue promue par la déclaration sur la Fraternité humaine est la voie à suivre. «À partir de maintenant, on peut affirmer que les religions ne sont pas un système fermé qui ne peut pas changer mais qu’elles sont en chemin» affirme le Pape. Mais pas question de renier son identité précise bien François. «L’identité ne se négocie pas, parce que si vous la négociez, il n’y a plus de dialogue mais soumission».

Prendre soin de son frère

«La fraternité est une réalité humaine complexe, à laquelle on doit prêter attention et la traiter avec délicatesse» poursuit-il, insistant sur le fait que Dieu nous demande en tout premier lieu où est notre frère. Et de rappeler un peu d’histoire pour bien faire comprendre la nécessité de faire en sorte que les religions soient des «canaux de fraternité et non des barrières de division» comme ce fut le cas durant les guerres de religion ou lors de la guerre de Trente ans.

«Il est important – poursuit le Pape – de démontrer que les croyants sont un facteur de paix pour les sociétés humaines et nous répondrons ainsi à ceux qui, injustement, accusent les religieux de fomenter la haine et d’être la cause de la violence. Dans le monde précaire d’aujourd’hui, le dialogue entre les religions n’est pas un signe de faiblesse. Cette rencontre trouve sa raison d’être dans le dialogue de Dieu avec l’humanité».

François fait là encore référence à l’histoire et à la Chanson de Roland dans laquelle les chrétiens contraignent les musulmans vaincus à choisir entre le baptême et l’épée. «C’est une mentalité qu’aujourd’hui nous ne pouvons pas accepter ni comprendre et qui ne peut plus fonctionner. Faisons attention à nos groupes intégristes ; chacun a les siens» reconnait-il. «L’intégrisme est un fléau et toutes les religions ont quelque frère intègriste qui se regroupe» met-il en garde. D’où l’espoir que le document sur la Fraternité soit accueilli par la communauté internationale pour le bien de toute la famille humaine. 

18 novembre 2019, 13:14