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Église d'un village Munduruku Église d'un village Munduruku 

Synode : comment apporter l’eucharistie aux fidèles ?

Apporter l’eucharistie, centre de la foi, à tous les fidèles : c’est le défi aujourd’hui en Amazonie de l’Église catholique. Le synode des évêques sur l’Amazonie tente d’y répondre et aborde de ce fait plusieurs solutions, dont celle de l’ordination sacerdotale des viri probati.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

C’est le thème qui fait le plus parler de lui en dehors du synode ; c’est aussi la question la plus controversée. L’ordination sacerdotale des viri probati, ces hommes mariés dont la probité, la foi, la vie toute entière leur permettrait aux yeux de certains d’être ordonnés, serait une, sinon la solution au manque de prêtres dans certaines régions de l’Amazonie.

À l’origine de ce débat, il y a un problème concret : l’immensité du territoire amazonien, sa très faible densité, les immenses difficultés de déplacements ont pour conséquences que des communautés entières sont privées de sacrement pendant des mois voire des années. Comment dans ces conditions leur apporter l’eucharistie plus régulièrement, comment faire vivre la foi au sein de ces populations sans la présence d’un prêtre ? À ces conditions très particulières, s’ajoute le manque de prêtres.

Ces questions, le père Roberto Jaramillo, président de la Conférence des provinciaux de l’Amérique latine (CPAL) qui coordonne les travaux des jésuites sur le continent, les a étudiées. Il souligne que lors des prises de parole dans la salle du synode, certains pères synodaux se sont demandés pourquoi il y avait tant de prêtres des diocèses latino-américains qui officiaient entre autres aux États-Unis alors qu’il était très difficile d’en trouver pour envoyer en mission en Amazonie.

Devant ce constat, il faut donc penser à des alternatives limitées et exceptionnelles comme celle des viri probati. «C’est un thème difficile, délicat, c’est un défi» reconnait le jésuite. «Cela pose des questions pour les autres Églises». Mais cette question est aussi «un symptôme du cléricalisme de l’Église» tant dénoncé par le Pape François au cours de son pontificat. Il l’assimile même à «un cancer», estimant que d’autres pistes sont à explorer.

Celle de la formation des futurs prêtres, des laïcs engagés au sein de l’Église est également à étudier. C’est même le point de départ qui doit permettre à l’Église à terme de mieux répondre aux défis de la région amazonienne. «L’Église est catholique parce qu’elle est capable de donner des réponses locales» affirme le père Jaramillo, précisant que «l’Église universelle, ce n’est pas l’Église de Rome».

Entretien avec le père Roberto Jaramillo
17 octobre 2019, 09:35