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Le père Giacomo Costa, ici aux côtés de la vice-directrice de la Salle de Presse du Saint-Siège, Cristiane Murray. Le père Giacomo Costa, ici aux côtés de la vice-directrice de la Salle de Presse du Saint-Siège, Cristiane Murray. 

Le père Costa: «nous avons entendu le cri de l’Amazonie»

À la veille du vote du document final, le père Giacomo Costa, jésuite, secrétaire de la commission pour l’information du Synode, revient sur les thématiques qui ont émergées lors de cette assemblée spéciale des évêques pour l’Amazonie.

Entretien réalisé par Hélène Destombes - Cité du Vatican

Le Synode des évêques sur l’Amazonie touche à sa fin et l’on attend désormais le document final, fruit de trois semaines de travaux. Les amendements ont été inclus dans le texte, mercredi et jeudi, par le rapporteur général et les secrétaires spéciaux.

Le document final, révisé par la commission pour la rédaction, est présenté en salle du synode ce vendredi après-midi. Il sera soumis au vote des pères synodaux samedi après-midi lors de la 16ème Congrégation Générale. Chaque paragraphe devra recueillir la majorité des deux tiers. Le document sera ensuite remis au Pape François pour un discernement.

Le père Giacomo Costa, jésuite, secrétaire de la commission pour l’information du Synode, revient sur les thématiques qui ont émergées et les points de consensus. Il souligne l’importance de l’écoute du «cri de la terre et des populations indigènes», un point qui a fait «l’unanimité».

Des défis pastoraux et environnementaux

Alors qu’il y a «une violence très forte», l’Église est interpellée et appelée à écouter ce cri» et «il y a un désir de se faire proche des populations indigènes». Il est également important observe le père Costa, d’«écouter le cri des communautés qui désirent l’Eucharistie, qui désirent célébrer la messe pas seulement une fois dans l’année». Face à ces situations, «nous sommes appelés à donner des réponses».

Concernant la question environnementale, le secrétaire de la commission pour l’information du Synode, décrit une volonté commune d’un engagement de l’Église, pour les peuples amazoniens mais aussi dans le monde entier et en particulier en Europe. «Il s’agit notamment d’aider à respecter ce que la COP21 a mis sur la table». C’est aussi un sujet ecclésial fort».

Une Église au visage amazonien

Pour le père Costa une Église au visage amazonien est synonyme de «conversion intégrale». «La perspective n’est pas de faire de petits ajustements, de trouver de petites solutions face aux réalités actuelles mais c’est un appel à une conversion intégrale». C’est seulement à travers une vison intégrale que des solutions pratiques et techniques peuvent avoir du sens».

Le père Costa appelle donc à «faire preuve de créativité et de courage». Il salue la liberté de parole observée dans la salle du synode. Et concernant l’ordination des “viri probati”, il indique que «la question a été débattue avec des positions différentes» soulignant que «la beauté du synode est de pouvoir se dire les choses, libérer la parole et construire ensemble».

Ouvrir de nouveaux chemins ensemble

Cette thématique des “viri probati” «était sur la table et a émergé mais, précise t-il, elle n’était pas du tout la seule question». Et le père Costa évoque parmi les vastes thèmes abordés «la question écologique, la question des ministères, le rôle des femmes et l’articulation entre les cultures indigènes et l’évangélisation».   

«Ce fut une très belle expérience, que ce désir commun, en écoutant le cri de ces peuples, de trouver des chemins» et «nous sommes tous appelés à interagir, insiste t-il, car sans une vision d’ensemble intégrale il est difficile d’ouvrir de nouveaux chemins».

Entretien avec le père Giacomo Costa

 

25 octobre 2019, 18:12