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Josianne Gauthier et José Gregorio Díaz Mirabal Josianne Gauthier et José Gregorio Díaz Mirabal 

Conférence de presse du synode: le pouvoir du pardon en Amazonie

Mgr Carlo Verzeletti, évêque de Castanhal au Brésil, Mgr José Ángel Divassón Cilveti, ancien vicaire apostolique de Puerto Ayacucho (Venezuela), Josianne Gauthier, secrétaire général de la CIDSE (Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité), et José Gregorio Díaz Mirabal, coordinateur général de la COICA, qui regroupe des organisations indigènes, étaient les intervenants du premier jour de cette deuxième semaine synodale.

Debora Donnini - Cité du Vatican

La neuvième congrégation générale du Synode pour l’Amazonie s’est ouverte ce lundi 14 octobre par une prière du Pape François pour l’Équateur, a d’emblée rapporté le préfet du Dicastère pour la communication, Paolo Ruffini, en ouverture de la conférence de presse.

Les droits des indigènes

Les réflexions ont porté sur les défis des différents ministères et la «liturgie inculturée», avec, au centre, les thèmes de la conversion  écologique intégrale et de la «demande pressante d'une alliance avec l'Eglise pour la défense des droits des indigènes», a expliqué le père Giacomo Costa, jésuite, secrétaire de la Commission de l'Information du synode.

En effet, les victimes de ces terres malmenées exigent une action urgente qui pourrait conduire à la création d'un observatoire ecclésial international sur les violations des droits de l'homme de la population. La valorisation des médias catholiques et la formation de «communicants indigènes» doit être promue.

Porter leur voix dans les milieux officiels

La nécessité d'apporter cette défense des peuples autochtones dans les lieux officiels et institutionnels a été soulignée par Josianne Gauthier, secrétaire générale de la CIDSE, la Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité, qui soutient depuis plus de 50 ans les communautés pour défendre leurs droits.

Mgr José Ángel Divassón Cilveti, ancien vicaire apostolique de Puerto Ayacucho au Venezuela, a, lui, longuement parlé de l'expérience de ces peuples en référence au groupe ethnique des Yanomami vivant dans la zone forestière entre le Venezuela et le Brésil.

«Nous, salésiens, sommes présents dans  la région depuis 1957, puis, après le Concile, une nouvelle étape a été franchie pour réaliser cette œuvre évangélisatrice, pour accompagner ces peuples», a-t-il relevé.

L’ordination d’hommes mariés

Castanhal, nouveau diocèse brésilien créé il y a 14 ans près de l'embouchure du fleuve Amazone, a concentré la préoccupation de son évêque présent, Mgr Carlo Verzeletti.

Il a évoqué toutes les difficultés à célébrer la messe dans 1 100 villages qui comptent très peu de prêtres; des prêtres qui doivent parcourir de très longues distances au regard de l’étendue du territoire. L’évêque brésilien a donc plaidé pour l’ordination d’homme mariés, «afin que l’Eucharistie devienne une réalité plus proche des communautés».   «Non pas des prêtres de seconde classe mais des gens préparés qui ont une vie exemplaire et qui peuvent faire un travail extraordinaire», a-t-il précisé.

Remerciements au Pape

Enfin, donner la parole à ceux qui ont toujours vécu dans ce poumon vert de la terre, c'est ce qu’a exprimé José Gregorio Díaz Mirabal, représentant de plus de 400 peuples amazoniens à travers la COICA, organisation présente depuis 36 ans dans 9 pays amazoniens. Le coordinateur général du mouvement a tenu à remercier le Saint-Père pour son appel lancé déjà en janvier 2018, lors de son voyage apostolique au Pérou et son passage par Puerto Maldonado où il avait appelé l’Église à retrouver son visage amazonien dans la région. «Un cri pour mettre fin à l’invasion des grandes compagnies hydroélectriques, des mines», et pour renforcer ce lien entre l’Église et les peuples indigènes. 

14 octobre 2019, 17:38