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Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, dans les locaux de Radio Vatican Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, dans les locaux de Radio Vatican 

Cardinal Schönborn: ne pas tomber dans le cléricalisme

Pour répondre aux défis pastoraux des communautés amazoniennes, le cardinal Christoph Schönborn n’exclut aucune piste de réflexion. L’archevêque de Vienne met cependant en garde contre la tentation du cléricalisme et invite à mettre en valeur le sacerdoce commun de tous les baptisés.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, en Autriche, participe au Synode sur l’Amazonie en tant que membre invité par le Pape François. Il apporte une vision extérieure à l’Amazonie dont il avoue méconnaitre les réalités et les problèmes. Mais sa présence, marque de l’universalité de l’Église catholique, faite d’écoute comme il le confie, permet d’apporter une perspective et une expérience différente en mesure, comme celle de ses autres confrères européens, africains ou nord-américains, d’enrichir les débats. 

L’un des principaux points abordés au cours de ces deux semaines de discussion, fut, selon le président de la Conférence épiscopale d’Autriche, «la distinction entre la pastorale de la visite et la pastorale de la présence». Se basant sur les témoignages des pères synodaux oeuvrant en Amazonie, le cardinal Schönborn explique que «les prêtres sont trop rares dans la région» et qu’ils font, du fait de l’éloignement des paroisses les unes des autres, «une pastorale de la visite». D’où le fait que de nombreuses communautés ne reçoivent que trop peu souvent l’eucharistie malgré une vie pastorale complète.

Ce problème d’accès à l’eucharistie a amené une majorité de pères synodaux à voir dans l’ordination des viri probati une solution. «On a besoin de ce modèle paulinien de prêtres qui sont des hommes qui ont fait leur preuve dans la vie quotidienne, dans la vie familiale, professionnelle, qui ont l’estime de leur communauté et qui peuvent assurer une pastorale de présence» affirme le cardinal. «C’est un sujet légitime auquel penser» poursuit-il, assurant que «ce n’est pas la fin de l’Église» comme certains le craignent. Le cardinal Schönborn s’appuie sur son expérience viennoise, évoquant les prêtres orientaux dont il est l’ordinaire pour l’Autriche, expliquant que ces hommes mariés sont prêtres à part entière.

Mais si le prélat n’est pas hostile à l’ordination de viri probati, il tient bien à souligner que ce n’est pas l’unique solution et que d’autres pistes, tout aussi, sinon plus importantes, sont à explorer. «Il ne faut pas tomber dans le cléricalisme» met-il en garde. Certes, «sans le prêtre, l’Église ne peut exister mais le prêtre sans le peuple de Dieu ne peut pas être pasteur».

La pastorale de la présence qu’il appelle de ses vœux passe par «la valorisation du sacerdoce commun de tous les fidèles», «le sacerdoce baptismal qui habilite une vie de communauté chrétienne». Ces communautés, reconnait le cardinal Schönborn, vivent notamment grâce aux femmes qui peuvent se voir confier certains ministères, comme il l’a déjà fait au sein de son archidiocèse où elles peuvent célébrer des funérailles.

Avant de penser à l’ordination des hommes mariés, le cardinal Schönborn rappelle qu’il vaut mieux penser à ces solutions, reconnaissant qu’il faut avancer avec une grande prudence sur ces sujets.

Entretien avec le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne
22 octobre 2019, 08:40