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Le "champignon atomique" provoqué par un essai nucléaire. Le "champignon atomique" provoqué par un essai nucléaire. 

Le cardinal Parolin dénonce la persistance de la menace nucléaire

Le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, est intervenu à l’Assemblée générale de l'ONU à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires.

L’accord sur l’interdiction des armes nucléaires, signé en 1996, n’est toujours pas entré en vigueur, en raison des résistances des certains États, qui considèrent cette arme comme une garantie de souveraineté. L’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord ne l’ont pas signé, et la Chine, l’Égypte, l’Iran, Israël et les États-Unis ne l’ont pas ratifié. Le Secrétaire d’État du Saint-Siège s’est donc adressé directement à ces États pour qu’ils profitent de cette «opportunité de montrer de la sagesse, un leadership courageux et un engagement pour la paix et le bien commun de tous».

«L’interdiction des expérimentations nucléaires, la non-prolifération nucléaire et le désarmement nucléaire sont étroitement connectés et doivent être atteints le plus rapidement possible, sous un efficace contrôle international», a-t-il insisté. Dans la lignée de nombreux appels du Pape François, le cardinal Parolin a dénoncé la course aux armements, qui représente un poste de dépense souvent considérable pour les États, au détriment des «vraies priorités» de la famille humaine «comme la lutte contre la pauvreté, la promotion de la paix, la réalisation de projets éducatifs, écologiques et sanitaires, et le développement des droits humains».

La dissuasion nucléaire est illusoire

«Les armes nucléaires offrent une fausse impression de sécurité, a souligné le cardinal Parolin. La paix inquiète promise par la dissuasion nucléaire s’est toujours plus souvent révélée illusoire. Les armes nucléaires ne peuvent pas créer un monde stable et sûr. Une paix durable et la sécurité internationale ne peuvent pas se fonder sur la destruction réciproquement assurée ou sur la menace d’annihilation.»

Les essais nucléaires sont également condamnables, car ils comportent «le rejet incontrôlable de matériaux radioactifs directement dans l’environnement», «un bien collectif, patrimoine de toute l’humanité et responsable de chacun». Il faut donc substituer «la logique de la peur et de la défiance» avec une «éthique de la responsabilité» qui puisse créer «un climat de confiance, qui valorise le dialogue multilatéral, à travers une coopération cohérente entre tous les membres de la communauté internationale».

Encore 14 000 têtes atomiques dans le monde

L’Onu estime qu’actuellement, dans le monde, l’ensemble des arsenaux totalisent 14 000 têtes nucléaires, parmi lesquelles 3750 sont déployées avec une force opérationnelle, et près de 2000 sont tenues en état d’alerte maximale. Neuf pays en possèderaient, selon l’Institut international de Recherches sur la paix de Stockholm : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, le Pakistan, l'Inde, Israël et la Corée du Nord.

26 septembre 2019, 18:55