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Le Pape rencontrant des jeunes Malgaches, le 7 septembre 2019 au Champ diocésain de Soamandrakizay. Le Pape rencontrant des jeunes Malgaches, le 7 septembre 2019 au Champ diocésain de Soamandrakizay.  (Vatican Media) Éditorial

La force du peuple qui demande à être confirmé dans la foi

Le préfet du Dicastère pour la Communication, Paolo Ruffini, revient sur le sens du voyage du Pape François dans l’Océan indien.

Il y a un aspect du voyage de François au Mozambique, à Madagascar et à l’île Maurice, qui le fait ressembler à tous les autres voyages des Papes, sans que cela ne réduise son importance. Parce que au contraire, il le renforce.

C’est l’union du peuple de Dieu en attente du Pape, un aspect central du ministère pétrinien, que peut-être même les images n’arrivent pas à restituer.

Une quantité démesurée de personnes (représentées dans les visages, dans les regards, dans les gestes) qui racontent l’attente, la joie, la force d’une rencontre.

Le miracle d’un peuple massé le long des kilomètres de route, rassemblé sur les esplanades, campant à l’extérieur, au milieu de la poussière, seulement pour voir le Pape passer, croiser son regard et concentrer en un instant son histoire personnelle et collective, être vu et béni, c’est le témoignage puissant de ce qu’est l’Église.

Des centaines de milliers de personnes accourues pour être une seule chose, pour dire avec joie leur propre foi, et en être confirmées par le successeur de Pierre.

Des centaines de milliers de personnes qui incarnent, chacune, la présence visible de Dieu qui attend Lui aussi d’être vu dans chacun de ces regards.

Des centaines de milliers de personnes qui à leur tour restituent au successeur de Pierre et à l’Église toute la force du peuple de Dieu.

Dans cette rencontre de regards, de faiblesses, et de foi, il y a le mystère de l’Église que le Seigneur a confié à Pierre et à ses successeurs, et il y a aussi le mystère du munus petrino qui la rend solide, malgré les difficultés qu’elle a toujours traversé et qu’elle traverse.

Le Pape François en a parlé durant la conférence de presse dans l'avion. Quand, en répondant à une question sur les tentations schismatiques, il a dit ne pas avoir peur et se confier dans la prière. Quand il a parlé de la foi des populations mozambicaine, malgache et mauricienne; quand il a expliqué ce qu’est le christianisme, et ce qui l’a fait diffuser et grandir: non pas le prosélytisme, mais le fait d’être reconnus par l’amour d’être une seule chose.

Jésus en a parlé durant la dernière Cène, en s’adressant à Pierre dans la situation dramatique de ces heures, qui précèdent sa mort et sa résurrection, et suivent la fête de la foule à Jérusalem, qui l’avait accueilli comme un roi. Il l’a fait en expliquant que la force de Pierre et de ses successeurs, ce qui la préserve des portes de l’enfer, se situe dans la prière pour Pierre que Jésus lui-même a confié à Dieu le Père.

Comme l’a expliqué saint Jean-Paul II, les paroles de Jésus (Lc 22, 31-32) «se réfèrent sans doute à la dimension eschatologique du Royaume, quand les Apôtres seront appelés à “juger les douze tribus d’Israël” (Lc 22, 30). Mais elles ont aussi de la valeur pour sa phase actuelle, pour le temps de l’Église ici sur la terre. Et c’est un temps d’épreuve.» Ces paroles nous servent aussi «pour nous amener à voir dans la lumière de la grâce, l’élection, la mission et le pouvoir même de Pierre. Ce que Jésus lui promet et lui confie vient du Ciel, et appartient, doit appartenir, au Royaume des cieux.» (Audience générale du mercredi 2 décembre 1992)

11 septembre 2019, 13:00