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Vatican News
Les migrants secourus par le Sea Watch 3 débarquent dans le port de Lampedusa Les migrants secourus par le Sea Watch 3 débarquent dans le port de Lampedusa  (ANSA)

Sea Watch 3 : pour le cardinal Parolin, « la vie humaine doit être sauvée »

Le secrétaire d’État du Saint-Siège s’est exprimé sur l’affaire du Sea Watch 3, ce navire humanitaire qui a accosté de force dans le port de Lampedusa, avec une quarantaine de migrants à son bord.

«Je crois que la vie humaine doit être sauvée, d’une manière ou d’une autre. Cela doit être l’étoile polaire qui nous guide, le reste est secondaire» : c’est la réponse du cardinal Parolin, sollicité par plusieurs journalistes sur l’affaire du Sea Watch 3, alors qu’il venait de célébrer la messe à l’occasion de la fête de l’Avvenire, le principal quotidien catholique de la péninsule italienne.

Le navire humanitaire, affrété par une OGN allemande et battant pavillon néerlandais, était bloqué en mer depuis 17 jours, après avoir secouru une quarantaine de migrants naufragés près des côtes libyennes. Mercredi, il force le blocus des eaux territoriales italiennes, mais se voit ensuite contraint de rester au large du port de Lampedusa, le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, refusant fermement qu’il n’aille plus loin.

Mais la capitaine du bateau, Carola Rackete, décide de braver cette interdiction.  Dans la nuit de vendredi à samedi, invoquant l’état de nécessité et l’absence d’alternative face à une situation critique, elle force une fois de plus le passage. La vedette de police chargée de contrer le navire doit battre en retraite,  risquant même d’être écrasée contre le quai. Le Sea Watch 3 accoste donc dans le port de Lampedusa, sous les acclamations de plusieurs activistes et habitants de l’île et les huées de quelques autres. Carola Rackete est aussitôt appréhendée par la police italienne pour aide à l’immigration clandestine et non-respect de l’ordre d’un navire militaire italien. Elle risque entre 3 et 10 ans de prison. Assignée à résidence par le bureau du procureur d’Agrigente (Sicile), la jeune femme a tenu à s’excuser pour la manœuvre potentiellement dangereuse pour la vedette de police, assurant que celle-ci n’avait pas été intentionnelle. Le Sea Watch 3 a été mis sous séquestre.

Les quarante migrants qui se trouvaient à bord du bateau ont, quant à eux, pu finalement retrouver la terre ferme, avant d’être pris en charge et conduits dans le centre d’accueil de l’île. Cinq pays européens -la France, l’Allemagne, le Portugal, le Luxembourg et la Finlande-  se sont dit disposés à les accueillir.

 

30 juin 2019, 16:54