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Mgr Bernardito Auza au siège de l'ONU à New-York, le 4 juin dernier Mgr Bernardito Auza au siège de l'ONU à New-York, le 4 juin dernier 

ONU : Mgr Auza s’exprime à propos des droits de l’homme

La Déclaration universelle des droits de l’homme, signée il y a 70 ans, le 10 décembre 1948, était au cœur du discours prononcé par Mgr Bernadito Auza aux Nations-Unies le 4 décembre dernier.

Amedeo Lomonaco – Cité du Vatican

La Déclaration universelle des droits de l’homme a marqué l’histoire des Nations-Unies. Le 70e anniversaire de son adoption est l’occasion de continuer à promouvoir et à défendre les droits et les libertés fondamentales : c’est ce qu’a rappelé récemment à New-York Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU.

Les fondements de la Déclaration

Dans son intervention, le prélat a mis en valeur les trois aspects fondamentaux de la Déclaration. D’abord son universalité : le document formule des droits valables à toute époque, en tout lieu et pour toute culture. Ensuite son objectivité : les droits de l’homme se fondent sur l’existence d’une nature objectivement partagée par tous les êtres humains. De cette nature émane la dignité humaine, a souligné Mgr Auza. Enfin, l’unité des droits reconnus dans la Déclaration ; ils sont indivisibles et on ne peut les protéger de manière fragmentée.

Les droits non reconnus

Beaucoup de dispositions pourtant clairement exprimées dans la Déclaration continuent de ne pas être respectées, a déploré Mgr Auza, qui a donné quelques exemples : le travail des enfants concerne actuellement un enfant sur dix ; une personne sur trois actuellement détenue ne fait pas l’objet d’un procès ; plus de 250 millions de femmes mariées ont moins de 15 ans ; des dizaines de millions de personnes sont victimes de formes d’esclavage. Sans compter les nombreuses violations de l’article 3 affirmant que chaque individu a droit à la vie et à la liberté, ou de l’article 18, demandant que soit garantie la liberté de pensée et de religion.

Les «nouveaux droits»

L’observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU a enfin rappelé les paroles adressées par le Pape François le 8 janvier dernier au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège : «après soixante-dix ans, il est regrettable de relever comment de nombreux droits fondamentaux sont aujourd’hui encore violés», avait affirmé le Saint-Père, le «premier d’entre tous ces droits est celui à la vie, à la liberté et à l’inviolabilité de chaque personne humaine». Le Pape avait aussi souligné que «suite aux bouleversements sociaux de ‘1968’, l’interprétation de certains droits s’est progressivement modifiée, de façon à inclure une multiplicité de ‘‘nouveaux droits’’, souvent en contradiction entre eux». Or les droits humains «ne peuvent changer en fonction de différents objectifs», a expliqué Mgr Auza en conclusion, car cela met en danger le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

07 décembre 2018, 17:01