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Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège à l'Onu à New York. Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège à l'Onu à New York. 

Mgr Auza invite les universités catholiques à former à la protection des migrants

Les universités catholiques ont la «responsabilité morale et éthique» de former des personnes capables de gérer le phénomène migratoire d’une façon solidaire, a expliqué le représentant du Saint-Siège à l’ONU, Mgr Bernardito Auza, durant une rencontre à l’Onu.

Mgr Auza est intervenu, hors de l’enceinte onusienne cette fois, dans une rencontre organisée au Manhattan College de New York sur le thème des «responsabilités morales et éthiques des universités en réponse aux réalités globales des migrants et réfugiés». Il a évoqué la lettre d’un rescapé de l’Holocauste, Haim Ginnott, un homme devenu psychothérapeute, qui avait écrit dans les années 70 une célèbre lettre aux enseignants dans laquelle il affirmait avoir vu des chambres à gaz construites par des ingénieurs, des enfants empoisonnés par des médecins instruits, et des nouveau-nés tués par des infirmières formées. Il concluait que «la lecture, l’écriture et l’arithmétique sont des choses importantes seulement si elles servent à rendre nos enfants plus humains».

Les universités catholiques ne doivent pas seulement développer les «facultés cognitives des étudiants» mais les former «au vrai et au bien» et à «la reconnaissance de leur propre dignité et de celle des autres», a expliqué le diplomate pontifical en reprenant la trame d’un discours du Pape François devant les représentants de la FIUC, la Fédération Internationale des Universités Catholiques, reçus il y a un an au Vatican. Alors qu’une grande partie du monde est «dramatiquement» frappée «par différentes crises économiques, financières, politiques, environnementales, démographiques», et alors que l’individualisme, l’hédonisme, le relativisme réduisent l’homme à un être «dépendant ou consommateur», les universités catholiques voient avoir pour objectif la construction d’un «monde plus juste et humain».

Le fait de «vivre, étudier et agir selon les raisons d’un humanisme fraternel» doit se traduire pour Mgr Auza dans un travail articulé de la part des universités catholiques vis-à-vis des millions de migrants, en engageant notamment des études sur les causes des migrations forcées. Il faut s’assurer du fait que «le plus grand nombre possible de migrants et réfugiés reçoive une instruction adéquate pour les aider à s’intégrer et à contribuer à leurs sociétés d’origine et de destination», et que soit offerte «une formation professionnelle spécifique aux opérateurs pastoraux et aux volontaires, aux enseignants et aux professeurs sur comment accueillir, protéger promouvoir et intégrer les migrants et réfugiés». Enfin, il faut promouvoir dans tous les secteurs de la société une sensibilisation «sur les migrations et sur les migrants», afin de «réaliser une perception plus réaliste, humaine et constructive vis-à-vis des personnes impliquées».

17 novembre 2018, 18:36