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Prière du matin lors de la Congrégation générale du Synode, le 18 octobre 2018. Prière du matin lors de la Congrégation générale du Synode, le 18 octobre 2018. 

Synode des jeunes: plus d’espace pour les femmes, non aux exclusions

Avec la Congrégation générale de ce jeudi matin, la 16e, se sont achevées les interventions des pères synodaux sur la 3e partie de l’Instrumentum Laboris, dédiée au thème “Choisir”. La matinée a également été marquée par la présence du métropolite Hilarion, représentant du Patriarcat de Moscou.

Paolo Ondarza – Cité du Vatican

Le thème de la présence féminine dans l’Église a été très présent dans les discussions de la matinée. Il faut rejeter toute forme d’exclusion ou de préjugés, et accélérer les processus de lutte contre la culture machiste et le cléricalisme, pour développer le respect de la femme et la reconnaissance de ses charismes. Il s’agit d’une véritable urgence : un père synodal l’a rappelé en invitant à l’organisation d’un Synode sur les femmes. L’inspiration reste Marie, modèle d’humilité pour l’Église : proche de la volonté de Dieu et éloignée de l’Esprit du monde et du carriérisme clérical ou laïc.

Une Église en sortie qui crée des lieux de rencontre entre les jeunes

Les pères synodaux invitent les éducateurs adultes à un examen de conscience, et à comprendre si Jésus est au centre de leur œuvre ou s’ils se limitent seulement à «transmettre des préceptes, des valeurs» avec une «pastorale de conservation». Il faut en effet partir de la vie concrète des jeunes pour entrer en relation avec eux, notamment dans les écoles et dans les universités, qui constituent dans de nombreux pays le premier point de contact des jeunes avec l’Église. Il faut expliquer aux jeunes la bonté de la chasteté pré-matrimoniale tout comme le respect des valeurs de l’honnêteté et du bien commun. L’Église doit non seulement proposer une adresse, mais aussi sortir à la rencontre des jeunes en créant de nouveaux espaces de rencontre afin que les jeunes soient des acteurs de la vie et de la mission. Les yeux du Synode sont par ailleurs dirigés vers les JMJ de Panama, avec l’espérance qu’ils puissent produire de nombreux fruits dans le domaine vocationnel.

Dieu doit devenir le “GPS” des jeunes

Les jeunes doivent aussi être aidés à rester connectés avec Dieu, le “GPS” de leur vie. Mais face aux défis du monde contemporains, les Pères synodaux exhortent à ne pas renier les symboles du christianisme, à ne pas laisser la religion catholique se faire railler, et surtout à combattre la plaie des abus. Il en va de la crédibilité de l’Église. Il faut vivre au milieu des gens, loin des palais. Il faut proposer l’Évangile de Jésus, né pauvre, mort sur la croix et ressuscité : lui seul est digne d’être aimé et suivi, il est le “leader” que les jeunes cherchent. Nous courons le risque, a-t-il été relevé, de présenter l’Évangile comme une «petite histoire insignifiante et miraculeuse».

Les participants au Synode ont renouvelé la proposition d’un Conseil pontifical des jeunes au sein de la Curie romaine, composé de membres des cinq continents, afin qu’une représentation des jeunes du monde entier soit instituée en permanence auprès du Successeur de Pierre. Les évêques ont également exprimé un appel à affronter le thème de l’Esprit Saint, dont les dons sont fondamentaux dans la réflexion sur la vocation, l’accompagnement et le discernement.

L’attention aux jeunes dans des contextes de guerre

Le drame du conflit ukrainien a notamment été évoqué, avec de lourdes répercussions sur la vie des jeunes. Ceux-ci éprouvent « une certaine aversion vis-à-vis de l’Église quand elle se présente comme une structure froide qui lutte pour sa survie et pour les intérêts géopolitiques ». Les jeunes attendent au contraire une autorité morale qui offre des références claires pour leur vie : «Un jeune qui a sauvé la vie des civils sous les bombardements, a-t-il été observé, comprend mieux le prix de la vie humaine qu’un prêtre arrogant ou un avare politique». La souffrance vécue par les jeunes catholiques de la République centrafricaine a également été soulevée. Ils sont menacés par la violence, le fondamentalisme et le syncrétisme religieux, des facteurs qui provoquent de profondes blessures. La question douloureuse du trafic des êtres humains devrait aussi trouver sa place dans le document final du Synode.

L’intervention du métropolite Hilarion

La matinée à également été marquée par la présence du métropolite Hilarion de Volokolamsk, chef du Département pour les relations externes du Patriarcat de Moscou, qui a apporté le salut de Cyrille, Patriarche de Moscou. «L’Église, vieille et toujours jeune, a-t-il rappelé, cultive la Tradition chrétienne millénaire, une force qui transfigure et change le monde qui l’entoure. La participation des représentants des Églises non-catholiques au Synode est désormais une bonne tradition qui témoigne du niveau toujours plus élevé de la collaboration inter-chrétienne sur les questions les plus importantes de notre temps, qui concernent tous les chrétiens indépendamment de leur appartenance confessionnelle.»

Hilarion a souligné la valeur de la collaboration fraternelle entre orthodoxes et catholiques face à la déchristianisation, au sécularisme, au reniement des valeurs chrétiennes et aux persécutions. Une mission commune est d’enseigner aux jeunes à discerner le bien du mal, ce qui est authentique de ce qui est faux, dans une société dans laquelle «la liberté est perçue de manière erronée et la religion est rejetée au nom du relativisme».

Défendre les valeurs morales, garantir l’accès aux sacrements, fournir une bonne instruction théologique sont des réponses importantes. Mais les Églises doivent offrir la personne et la vérité immuable du Christ, mort et ressuscité, celui qui peut transformer la vie et la remplir de sens, a expliqué Hilarion. Après la chute du régime communiste, de très nombreux jeunes Russes sont entrés dans l’Église orthodoxe en étant marqués par le témoignage des martyrs et confesseurs du XXe siècle.

Valoriser le travail en équipe pour la formation des jeunes

Les auditeurs qui sont intervenus à la fin de la 16e Congrégation ont demandé au Synode de ne pas comprendre la vocation seulement dans une optique de consécration religieuse ou de sacerdoce, mais avec le regard dirigé aussi sur les laïcs. Ils ont mis en avant le travail de formation en équipe qui valorise la réciprocité homme-femme et inter-vocationnelle, en reflétant la diversité des charismes dans la communauté ecclésiale : des laïcs, des prêtres et des religieux sont ensemble une source de créativité pour une pastorale des jeunes crédible et renouvelée. Ils ont mis en lumière aussi le problème du manque d’accès à l’éducation de la part des jeunes dans certains pays comme Madagascar.

Les évêques ont été invités à réfléchir aussi sur les plaies de l’alcool, de la drogue, de la prostitution, du jeu de hasard, de la dégradation environnementale qui menacent de nombreux jeunes dans le monde. Dans les moments de lassitude, d’épreuve, de maladie, de solitude existentielle qui pousse certains à penser au suicide, la foi permet d’expérimenter le réconfort de Dieu et de retrouver l’espérance.

18 octobre 2018, 18:38