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Photo d'illustration. Photo d'illustration.  (AFP or licensors)

ONU: Intervention du Saint-Siège au sommet sur la tuberculose

En marge de l’Assemblée des Nations unies, un sommet international sur la tuberculose pour éradiquer d’ici 2030 la maladie infectieuse la plus mortelle au monde. L’an dernier, elle a tué 1,3 million de personnes, malgré l’existence de traitements pour prévenir et guérir de cette maladie. Le Saint-Siège appelle se faire proche des pauvres, les premières victimes, et à rendre accessible les traitements à tous.

Marie Duhamel - Cité du Vatican

A New-York, les dirigeants du monde ont validé ce mercredi 26 septembre un plan mondial visant à intensifier la lutte contre la tuberculose. Il prévoit de lever 13 milliards de dollars pour faciliter l’obtention de médicaments à moindre coût afin d’éradiquer, d’ici 12 ans, cette maladie qui infecte un quart de la population mondiale, la plupart étant des porteurs sains.

L’an dernier, l’Organisation mondiale de la Santé lançait la sonnette d’alarme : la tuberculose a supplanté le sida, devenant la première maladie infectieuse au monde. L’année précédente, 10,4 millions de personnes contractait la maladie et 1,7 million en sont mortes. Chaque année, les chiffres baissent mais pas assez vite, ainsi un effort conséquent est essentiel pour atteindre l’objectif de zéro tuberculose en 2030. Si on est diagnostiqué et pris en charge correctement, il est possible de guérir de toutes les formes de tuberculose.

Prendre soin des plus pauvres

 «La bonne nouvelle, a expliqué en effet Mgr Paul Richard Gallagher lors du sommet, c’est qu’on peut éviter et guérir de la tuberculose. La mauvaise, c’est qu’elle est tellement répandue qu’elle reste une urgence sanitaire mondiale ». Le Secrétaire pour les Rapports avec les Etats de la Secrétairerie d’État du Saint-Siège insiste sur le fait que la maladie est fortement liée à la pauvreté. Les décès ont lieu dans 99% des cas dans les pays en développement. «Les stratégies pour éradiquer la maladie doivent ainsi cibler les populations les plus pauvres, les plus à risque, et répondre aux facteurs les plus déterminants de cette maladie : la sous-alimentation, des conditions de vie non-hygiéniques et un manque de couverture de santé de base». Mgr Gallagher recommande également de garantir un accès à des tests diagnostics et des traitements accessibles financièrement.

Ensuite, parce que dans certaines cultures, les personnes infectées sont «victimes de ségrégation et souffre de stigmatisations humiliantes», le représentant du Saint-Siège encourage à la proximité avec les malades, montrant «une compassion et  solidarité réelle» pour restaurer leur dignité humaine et leur estime de soi. Une réponse globale serait plus effective et centrée sur la personne, poursuit-il, si elle intégrait des politiques et des services basés sur les familles, qui sont «dans la meilleure position pour répondre aux diverses vulnérabilités du malade».

La proximité permettra également de transformer les mentalités et les préjugés envers les malades. Mgr Gallagher fait siens les propos du Pape lorsqu’il encourage à entendre et non les écouter les plus vulnérables, à les voir plus que les regarder, etc.

Plus de recherche et un partage des connaissances

Enfin, le Saint-Siège souligne «le rôle décisif» que joue la recherche dans la lutte contre la maladie. Il plaide pour une collaboration entre le public et le privé afin de financer des recherches médicales pour obtenir des traitements plus efficaces et accessibles. Il faut également trouver de nouveaux médicaments  pour combattre les variantes multi-résistantes de la tuberculose. Ainsi, Mgr Gallagher plaide pour «un partage mondial de la science et des technologies de traitement pour que les pays les plus touchés (Inde, Indonésie, Chine, Philippines et Pakistan) ne basculent pas dans plus de pauvreté encore». Il estime que les traités de libre-échange incluant la protection de la propriété intellectuelle ne doivent pas seulement chercher à protéger les pouvoirs des Etats, mais également garantir un accès à une couverture de santé de base et des traitements pour tous. Il faut servir ceux qui en ont le plus besoin, conclue-t-il devant les grands nations du monde.

27 septembre 2018, 17:08