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Saint Léon Le Grand, Pape et docteur de l’Église

Saint Léon Le Grand,  Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs Saint Léon Le Grand, Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs 

par Attila. Une grande partie du Nord est déjà tombée entre les mains de l’envahisseur. Les villes de Aquilée, Padoue et Milan ont été conquises, saccagées, rasées au sol. Maintenant Attila poursuit sa course, il est aux portes de Mantoue, sur le fleuve Mincio. Et c’est là que l’Histoire s’arrête et se forme: Léon le Grand, élu pape douze ans auparavant, prend la tête d’une délégation de Rome, va à la rencontre de Attila et le dissuade de poursuivre sa guerre d’invasion. La légende, reprise par Raphaël dans les fresques des «Chambres Vaticanes», raconte que le chef des Huns se retire après avoir vu apparaître, derrière Léon, les Apôtres Pierre et Paul, armés d’épée. Trois ans plus tard, en 455, c’est encore le «Grand Pape», quoique sans armes, qui arrête aux portes de Rome les Vandales d’Afrique, conduits par le roi Genséric. Grâce à son intervention, la ville est saccagée, mais pas incendié. Restent même debout les basiliques de Saint Pierre, Saint Paul et Saint Jean, où trouve refuge une grande partie de la population qui a la vie sauve.

«Pierre a parlé par la bouche de Léon»

Mais la vie de Léon ne s’explique pas seulement dans l’engagement en faveur de la paix, qu’il a menée sans cesse avec courage. Le pontife se consacre beaucoup aussi à la sauvegarde de la doctrine: c’est lui, en effet, qui inspire le Concile œcuménique de Chalcédoine (aujourd’hui Kadiköy) en Turquie, qui reconnaît et affirme l’unité dans le Christ des deux natures, humaine et divine, en rejetant l’hérésie de Eutychès, qui nie l’essence humaine du Fils de Dieu. L’intervention de Léon au Concile a lieu par un texte doctrinal fondamental: «Lettre à Flavien», évêque de Constantinople. Le document est lu publiquement aux 350 Pères conciliaires qui l’accueillent avec acclamation, en affirmant «Pierre a parlé par la bouche de Léon, Léon a enseigné selon la piété et la vérité»

Théologien et pasteur

Soutien et promoteur du Primat de Rome, le «Grand Pontife» lègue à l’histoire presque 100 homélies et environ 150 lettres, où il s’affirme aussi bien comme théologien que comme pasteur, attentif à la communion entre les différentes Eglises, mais il n’ignore pas les nécessités des fidèles. C’est pour eux, en effet, qu’il anime les œuvres de charité dans une Rome mise à genoux par les famines, pauvretés, injustices et superstitions païennes. Il mène toutes les actions indispensables, lit-on dans ses écrits, pour «avoir constamment la justice» et «pour offrir avec amour la clémence», car «sans le Christ nous ne pouvons rien, mais avec Lui nous pouvons tout»

Le 45eme Pape de l’histoire

Né dans la Tuscia et devenu diacre de l’Eglise de Rome aux environs de 430, Léon est envoyé en 440 par l’impératrice Galla Placida pour pacifier la Gaulle, le différend entre le général Ezio et le préfet du prétoire Albino. Peu de mois après, meurt le pape Sixte III. Léon, son conseiller, lui succède. Sa consécration comme Pontife a lieu le 29 septembre 440.

Un pontificat de « records »

Son pontificat, qui a duré vingt-un ans, recueille divers records: premier Evêque de Rome à porter le nom Léon; premier successeur de Pierre à être appelé «le Grand»; premier pape dont nous est parvenue la prédication; il est aussi l’un des deux seuls pontifes, (l’autre est Grégoire le Grand), à avoir reçu, en 1754 par la volonté de Benoît XIV, le titre de «Docteur de l’Eglise». Il meurt le 10 novembre 461 et, selon certains historiens, Léon le Grand a été aussi le premier pape à être enterré à l’intérieur de la Basilique vaticane. Encore aujourd’hui, ses reliques sont conservées à saint Pierre, dans la chapelle dite de la «Madone de la Colonne».