Recherche

Saint Jean Bosco, fondateur des Salésiens

Don Bosco 1861 Torino Don Bosco en 1861 à Turin  

Une résolution ferme et constante animait saint Jean Bosco: porter le plus grand nombre d’âmes au Paradis. Il la cultiva toujours dans son cœur et mit au-dessus de tout le salut éternel de toute personne qu’il rencontrait sur sa route ou qui frappait à sa porte. Sa sollicitude pour les jeunes défavorisés, les pauvres et ceux qui sont privés d’instruction répondit toujours davantage à une exigence spirituelle qu’à une exigence exclusivement sociale.

Le rêve prémonitoire

Le feu de charité qui anima le prêtre fut le désir d’aimer le Tout-Puissant en toute personne qu’il rencontrait: «Da mihi animas, coetera tolle», «donne-moi les âmes et, prends tout le reste», telle est la devise qui était suspendue au-dessus du lit de sa chambre. Un rêve qu’il eut quand il avait à peine neuf ans fut prémonitoire: il était entouré d’enfants qui blasphémaient. Impulsif de tempérament, pour les faire taire il leur donna des coups de poing et des coups de pieds, mais d’abord Jésus, et puis la Vierge lui apparurent en l’invitant à en faire des «amis», «non pas par les coups, mais par la mansuétude et la charité» ; c’est seulement ainsi qu’il devait les instruire «sur la laideur du péché et le caractère précieux des vertus».

Né d’une famille pauvre, mais doué d’une grande intelligence

Jean Bosco est né le 16 août 1815 de parents paysans à Becchi, une fraction de Catelnuovo d’Asti; lorsque son père, François, qui avait épousé en secondes noces, Marguerite Occhiena, mourut à l’âge de trente-trois ans, à cause d’une pneumonie, il avait à peine deux ans. Pour la famille, la route fut toute en montée: l’intelligence remarquable du petit Jean, révélée déjà dans sa tendre enfance, rencontra tout de suite l’hostilité de son demi-frère Antoine, qui considérait comme temps perdu celui passé dans les livres. L’arrogance de ce dernier contraignit sa mère Marguerite à faire partir Jean de la maison, en lui trouvant un travail comme garçon dans la ferme Moglia. Il venait à peine de faire sa première communion, mais déjà il attirait autour de lui tant de ses camarades en leur parlant de Jésus avec un langage captivant fait de jeux et d’acrobaties, appris chez les clowns des foires. La vivacité intellectuelle du garçon n’échappa pas en 1829 à l’aumônier de Morialdo, l’abbé Giovanni Calosso qui, avant sa mort, lui donna ses premières leçons de latin. Cependant, c’est seulement en 1831 que Jean put reprendre ses études, en suivant en quatre ans l'équivalent du collège et du lycée. Pour payer ses études, il travailla comme tailleur, garçon de chambre, garçon d’écurie, menuisier, cordonnier, forgeron. Étudiant doué et avec une mémoire prodigieuse, il se fit très vite remarquer par saint Giuseppe Cafasso, le prêtre qui l’envoya au séminaire. Il fut ordonné prêtre le 5 juin 1841 dans la chapelle de l’archevêché de Turin. Transféré au Collège Ecclésiastique de la ville savoyarde, il commença son apostolat dans l’église voisine de saint François d’Assise parmi les jeunes les plus pauvres, rencontrés sur la route, les chantiers et dans les prisons; souvent ils venaient des campagnes, sans instruction et désorientés par le processus d’industrialisation.

L’oratoire et la passion pour les jeunes

Le 8 décembre 1844, inspiré par saint Philippe Néri, il fonda, en le dédiant à saint François de Sales, l’oratoire qui par la suite sera établi à Valdocco. C’est ainsi qu’en peu de temps, don Bosco fonde aussi la Congrégation salésienne au service de la jeunesse et, plus tard, en 1872, avec sainte Marie Dominique Mazzarello, l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice pour l’éducation de jeunesse féminine. Très vite, la mission salésienne prit une dimension internationale: le Bulletin Salésien, publié aujourd’hui en 26 langues et dans 135 pays, les textes hagiographiques et pédagogiques du saint, toujours inspirés par une approche éducative et jamais répressive, furent aussitôt traduits, de son vivant, en diverses langues. Le prêtre était convaincu de l'intérêt à promouvoir la «bonne presse catholique», afin de lutter contre les méfaits de la mauvaise presse, qui véhiculait des mensonges et des hérésies.

Former des citoyens honnêtes et de bons chrétiens

Tant d’engagement catholique spirituel, pastoral et social, avec une fidélité sans condition au Pape, au temps d'un gouvernement libéral et maçonnique, ne purent que procurer au fondateur des salésiens des inimités, des persécutions et des attaques. Toutefois, grande fut l’estime qu’il gagna dans l’opinion publique pour son œuvre éducative; plus d’une fois il fut choisi comme médiateur entre l’État et le Saint Siège. L’église du Sacré-Cœur à Rome, construite à la demande du pape Léon XIII et réalisée avec le soutien de la providence, devint lieu de spiritualité et de rachat social pour d’innombrables jeunes. «Former des citoyens honnêtes et de bons chrétiens» fut la mission à laquelle le saint se consacra jusqu’à sa mort, le 31 juin 1888. Le Pape Pie XI l’a béatifié en 1929 et canonisé en 1934. Saint Jean-Paul II, à l’occasion du centenaire de sa mort, l’a déclaré «père et maître de la jeunesse». Innombrables sont encore aujourd’hui les jeunes qui se mettent à son école. Don Bosco leur rappelle que «être bon ne consiste pas à ne pas commettre des fautes, mais à avoir la volonté de s’en amender». Une route de sanctification qui, pour le redire avec saint Dominique Savio, son élève, consiste «à rester très joyeux et à accomplir parfaitement ses devoirs». Ce «charisme» de la joie, le pape François a reconnu l’avoir reçu dans sa jeunesse, en passant la sixième année de ses études primaires chez les Salésiens, en Argentine.