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Le Pape a salué Les participants au centenaire de la fondation de la Fédération internationales des universités catholiques (FIUC). Le Pape a salué Les participants au centenaire de la fondation de la Fédération internationales des universités catholiques (FIUC).  (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

François: «N’entourez jamais l’université avec des murs de peur»

Fondée en 1924 par le Pape Pie XI, la Fédération Internationale des Universités Catholiques a été reçue par François ce vendredi 19 janvier. Le Pape leur a demandé de se garder de la peur qui «dévore l’âme», et les a encouragés à «se salir les mains évangéliquement dans la transformation du monde».

Jean-Benoît Harel - Cité du Vatican 

Elles sont aujourd’hui plus de 200 universités réunies dans le réseau de la Fédération internationale des universités catholiques (F.I.U.C.) partout à travers le monde. Elles n’étaient que 18 en 1924 lorsque Pie XI bénit la première association des universités catholiques.

Les universités catholiques doivent être à contre-courant

De ces cent années, François retient l’indispensable travail en réseau à approfondir entre les 2000 universités catholiques dans le monde, afin de globaliser «l’espérance, l’unité et la concorde, au lieu de l’indifférence, des polarisations et des conflits». La Fédération ayant été structurée par Pie XII à l’issue de la guerre en 1949, François encourage les universités à jouer «un rôle de premier plan dans la construction de la culture de la paix».

Pour le Pape, la spécificité des universités catholiques doit résider dans «la recherche commune de la vérité» au sein d’une communauté dans laquelle chacun peut ressentir la «générosité de l’amour». À contre-courant d’une époque «où même l’instruction devient malheureusement une activité commerciale», les universités catholiques doivent montrer qu’elles sont de nature différente selon François. 

Expression de l’amour de Dieu pour toute personne

Le Saint-Père est également revenu sur la constitution apostolique Ex corde Ecclesiae de saint Jean-Paul II en 1990. François a souligné que le pontife y affirmait «que l’université catholique jaillit du cœur de l’Église», et non de l’intelligence chrétienne. Car, explique-t-il, l’université catholique est l’un des meilleurs instruments que l’Église offre à notre époque, pour exprimer l’amour de Dieu pour chaque personne humaine.

Selon saint Augustin, il faut comprendre cet amour de Dieu comme un appetitus, un désir, une tension-vers. C’est pourquoi le Saint-Père exhorte les universités catholiques: «ne perdez pas l’appétit! Que les universités catholiques ne remplacent pas le désir par le fonctionnalisme ou la bureaucratie». Si leur but est de délivrer des titres académiques et de «modeler des carrières compétitives», elles ne doivent pas oublier de «promouvoir la découverte de vocations fécondes, d’inspirer des chemins de vie authentique et d’intégrer la contribution de chacun dans les dynamiques créatives de la communauté», explique le Pape.

Le Pape a accueilli au Vatican les recteurs, chanceliers et enseignants des universités catholiques partout dans le monde.
Le Pape a accueilli au Vatican les recteurs, chanceliers et enseignants des universités catholiques partout dans le monde.

Résister à la tentation de la peur

En citant une fable de Kafka, dans laquelle une souris apeurée se jette malgré elle dans les griffes d’un chat, François recommande aux universités catholiques de ne pas céder à la peur. «N’entourez jamais l’université avec des murs de peur. Ne permettez pas qu’une université catholique se contente de reproduire les murs typiques des sociétés dans lesquelles nous vivons.» 

Pour le Pape, une université «qui se protège derrière les murs de la peur», peut atteindre un niveau prestigieux et occuper les meilleures places des classements académiques. Mais «le savoir pour le savoir: c’est inhumain» assure François, reprenant une phrase de l’écrivain espagnol Miguel de Unamuno. Les universités catholiques doivent ainsi se demander quel est le pouvoir de transformation du monde des connaissances qu’elles produisent. «Une université catholique doit faire des choix qui reflètent l’Évangile. Elle doit se salir les mains évangéliquement dans la transformation du monde et au service de la personne humaine», résume le Saint-Père.

En guise de conclusion, le Pape a invité les chanceliers, les recteurs et les autorités académiques présentes à «aider l’Église, en ce moment de l’histoire, à éclairer les aspirations humaines les plus profondes avec les raisons de l’intelligence et les “raisons de l’espérance”». Pour les soutenir dans cette mission d’aider l’Église à «traduire culturellement, dans un langage ouvert aux nouvelles générations et aux temps nouveaux, la richesse de l’inspiration chrétienne», le Pape a confié la Fédération des universités catholiques à Notre-Dame de la Sagesse, dont le portrait se trouve dans de nombreuses chapelles de ces universités.

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19 janvier 2024, 11:58