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Le camp de Mavrovouni, sur l'île grecque de Lesbos Le camp de Mavrovouni, sur l'île grecque de Lesbos  (AFP or licensors)

Le Pape François à Lesbos, pour être «la voix des sans-voix»

Cinq ans après sa venue dans le camp de Moria, l’évêque de Rome est retourné sur l’ile grecque de Lesbos, ainsi qu’il l’avait promis. Sur place, la situation a certes changé, mais la charge symbolique de ce lieu reste forte, alors que les crises migratoires se multiplient aux marges de l’Europe.

Entretien réalisé par Manuella Affejee – Cité du Vatican

«Depuis que Lesbos est devenue un point de chute pour de nombreux migrants en recherche de paix et de dignité, j’ai ressenti le désir de venir ici», avait expliqué François lors de son passage sur l’ile. A l’époque, Lesbos se trouvait en première ligne de l’accueil des réfugiés venant du Moyen-Orient et transitant par la Turquie.

Dans le principal camp de l’ile, celui de Moria -tristement célèbre pour sa surpopulation et les conditions de vie épouvantables des migrants qui y étaient-, le Saint-Père, entouré du patriarche de Constantinople, Bartholomée, et de l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce, Hiéronimos, avait une fois encore élevé sa voix contre «la mondialisation de l’indifférence», plaidant pour un accueil digne et solidaire des personnes réfugiées, fuyant pour beaucoup la guerre ou la faim. Les trois hommes pressaient encore la communauté internationale de ne pas détourner le regard devant cette «gigantesque crise humanitaire» et  d’y répondre avec courage.

Pour marquer son engagement personnel, le Pape n’avait pas hésité à ramener à Rome avec lui une douzaine de réfugiés venus de Syrie, aujourd’hui intégrés en Italie, grâce au travail de Sant’Egidio.

Depuis cette visite historique, la situation sur place a changé ; en septembre 2020, un incendie a entièrement détruit le camp de Moria. Depuis, les autorités grecques ont entrepris la construction de nouveaux camps fermés à Lesbos même, ainsi que sur les iles environnantes de Samos, Kos et Leros. Moins de personnes y sont hébergées.

Mais l’ile reste, quoiqu’il en soit, le symbole d’une crise migratoire globale, particulièrement visible en d’autres points de l’Europe : Calais, Dunkerque, ou encore à la frontière entre la Pologne et le Bélarus. Le message du Pape était donc particulièrement attendu.

Le père Maurice Joyeux est l’ancien responsable du Service Jésuite des Réfugiés en Grèce. Lesbos est une réalité qu’il connait parfaitement. Quelques jours avant le retour du Pape à Lesbos, il nous confiait ses attentes.

Entretien avec le père Maurice Joyeux
05 décembre 2021, 08:45