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Le cardinal Pironio, fondateur du Forum International de l'Action Catholique. Le cardinal Pironio, fondateur du Forum International de l'Action Catholique. 

L’Action catholique invitée à assumer sa mission d’évangélisation

Le Pape François a adressé une lettre en espagnol au Forum International de l’Action Catholique, une organisation qui fête ses 30 ans, et qui fut créée par un compatriote du Saint-Père: le cardinal argentin Eduardo Pironio (1920-1998), président du Conseil pontifical pour les Laïcs durant le pontificat de Jean-Paul II, de 1984 à 1996.

Cyprien Viet - Cité du Vatican

Le Pape invite dans ce message les acteurs de la FIAC à regarder vers le passé en «contemplation reconnaissante». Il rend hommage aux intuitions du cardinal Pironio, qui «fut un homme aux racines profondes, à la mémoire ancrée dans le dynamisme de l'histoire comme un Kairos, un temps fort de salut, un temps de travail, d'épreuve, de purification et d'espoir.» Le procès en béatification du prélat argentin, qui fut, entre autres, préfet du Conseil Pontifical pour les Laïcs durant douze ans, a été ouvert en 2006.

L’Action catholique fut et demeure un lieu de sanctification pour de nombreuses personnes. «Cependant, l'histoire n'est pas linéaire», reconnaît le Pape François. «Dans le parcours de l'Action catholique, comme dans celui de l'Église elle-même, il y a eu, il y a et il y aura des lumières et des ombres, des moments de profonde désorientation, de lassitude, d'indifférence, de peur d'avoir été dépassé par les exigences des temps nouveaux.»

Ces déceptions inévitables ne doivent pas décourager les membres de l’Action catholique de s’engager au service de toute la société, et notamment des plus pauvres. «En tant qu'Église, nous faisons l'expérience que, avec la puissance de l'Esprit, nous devons répondre ici et maintenant aux cris du monde. Pour les entendre, nous devons sortir, être une Église qui sort, qui tend la main de manière samaritaine à chaque homme et femme qui souffre dans sa chair ou dans son esprit de la douleur de ce temps», insiste le Saint-Père.

Une mission particulière pendant la pandémie

«Nous traversons encore la première pandémie mondiale de l'histoire de l'humanité, qui a touché tous les pays de notre monde sans distinction, remarque François. Avec la pandémie, l'état de vulnérabilité de centaines de millions d'hommes et de femmes sur notre planète qui n'ont aucune chance a été révélé. La vulnérabilité nous met face au risque de mourir sans aucune prévision et indépendamment de notre lieu de résidence, de notre statut moral, de notre croyance religieuse ou de notre position socio-économique. Toute l'humanité est également touchée. La vulnérabilité a réussi à surmonter tout ce qui nous divisait et nous rendait inégaux. Nous nous trouvons égaux en besoins, mais différents en possibilités.»

«Nous venons d'une époque fortement marquée par la mondialisation; mondialisation économique, culturelle, etc., avec ses succès, mais aussi avec les structures de péché qui en sont issues. Tout est mondial, même le virus est devenu mondial», insiste le Pape argentin.

Une logique de mission et d'évangélisation

Dans ce contexte de grands bouleversements, les mouvements d’Action catholique doivent assumer leur identité chrétienne et annoncer l’Évangile. «Nous savons qu'il n'y a pas de plus grande pauvreté que de ne pas avoir Dieu, c'est-à-dire de vivre sans la foi qui donne un sens à la vie, sans l'espérance qui nous donne la force de travailler, sans se sentir aimé par quelqu'un qui ne nous déçoit pas. C'est le lieu et les personnes où l'Action catholique doit accomplir sa mission.» La formation des acteurs de l’Action catholique doit donc se vivre avec une «clé missionnaire», dans une perspective d’évangélisation.

Le Pape conclut son message avec une triple exhortation: ressentir «l'urgence d'œuvrer pour la fraternité et l'amitié sociale comme moyen de reconstruire un monde blessé», «semer dans le cœur de tous que l'authentique spiritualité chrétienne est celle qui s'enracine dans le désir de sainteté, et que c'est un chemin qui commence dans les Béatitudes, c’est-à-dire aimer et travailler pour nos frères et sœurs les plus souffrants»; et enfin assumer d'être le visage d'une Église «qui sort et vit la joie douce et réconfortante de l'évangélisation, et qu'elle soit remarquée».

26 novembre 2021, 15:34