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Le Pape au cimetière militaire français de Rome: «ces tombes crient la paix»

Le Saint-Père s’est rendu cette année au cimetière militaire français de Rome, situé sur la colline du Monte Mario, afin de célébrer une messe pour la commémoration de tous les fidèles défunts. Dans sa brève homélie, le Pape a demandé de s'engager pour que cessent les guerres et que les économies ne soient plus alimentées par l’industrie des armes.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Dans ce lieu relativement peu connu des Romains, le Pape s’est d’abord recueilli auprès des tombes des militaires du Corps expéditionnaire français en Italie (CEFI), un ensemble de quatre divisions militaires mené par le général Alphonse Juin, qui s’est particulièrement illustré lors de la bataille du Monte Cassino en mai 1944. François a déposé une rose blanche sur l’une d’entre elles. Chrétiens ou musulmans, 1888 soldats sont enterrés dans ce cimetière.


L’évêque de Rome a ensuite rejoint l’autel installé sous une tente blanche dans l’allée principale, afin de célébrer la messe avec les fidèles présents à cette occasion. Parmi eux, plusieurs Français, comme le cardinal Dominique Mamberti, préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, et Élisabeth Beton-Delègue, ambassadrice de France près le Saint-Siège.

Penser au dernier pas

«Toi qui passes, pense à tes pas, et de tes pas, pense au dernier pas». C’est à partir de cette sentence lue à la porte d’un cimetière que François a commencé son homélie, rappelant que la vie «est un chemin» et non «une promenade, ni un labyrinthe». Et le Pape de souligner l’importance de ce «dernier pas», celui de la mort. Ce pas, a-t-il insisté, doit nous trouver «en chemin», et pas «dans un labyrinthe sans fin». Autrement dit, dans «la paix du cœur», a-t-il précisé à la fin de son homélie.

Hommage aux victimes de la «tragédie de la guerre»

Le Saint-Père a également eu une pensée pour les soldats morts pendant la guerre, parce qu’ils avaient été appelés «à défendre leur patrie, à défendre des valeurs, à défendre des idéaux, et tant d’autres fois, à des situations politiques tristes et lamentables». «Ce sont des victimes, des victimes de la guerre, qui mangent les enfants de la patrie», a-t-il regretté en dénonçant «la tragédie de la guerre». Et le Pape de nommer différentes batailles des première et deuxième guerres mondiales, en Italie ou sur les plages de Normandie, qui ont emporté des milliers d’hommes. «Je suis sûr que tous ceux-là qui sont partis de bonne volonté, appelés par la Patrie pour la défendre, sont avec le Seigneur», a-t-il ajouté.

Arrêter la production d’armes

«Mais nous, qui sommes sur la route, combattons-nous suffisamment pour qu'il n'y ait pas de guerres ? Pour que les économies des pays ne soient pas fortifiées par l'industrie de l'armement ?», a ensuite lancé le Pape, expliquant que ces tombes «sont un message de paix», elles «crient: Paix !». Aux hommes et femmes d’aujourd’hui, les soldats défunts demandent: «Arrêtez-vous, frères et sœurs, arrêtez. Arrêtez-vous, fabricants d'armes, arrêtez-vous!».

Le dernier pas de la vie terrestre, la paix à construire sans relâche: «Que le Seigneur nous aide à semer et à garder dans nos cœurs ces deux pensées», a conclu le Saint-Père.

Lors de son retour au Vatican, le Pape François s'est arrêté pour prier sur les tombes des papes sous la basilique Saint-Pierre, a informé le Bureau de Presse du Saint-Siège. 

Un extrait de l'homélie du Pape François
02 novembre 2021, 11:52