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Le Pape François au Palais présidentiel de Bratislava, lundi 13 septembre 2021. Le Pape François au Palais présidentiel de Bratislava, lundi 13 septembre 2021.   (Vatican Media)

En Europe centrale, François sur les pas de Jean-Paul II

En se rendant en Slovaquie, le Pape François va à la rencontre d’un pays traditionnellement catholique et d’une Église qui eut à subir la répression du régime communiste. Il va aussi à la découverte d’un territoire où différentes traditions religieuses cohabitent. Analyse avec l’écrivain et journaliste Bernard Lecomte.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

«Le Pape François effectue un pèlerinage au cœur de l’Europe»: Bernard Lecomte, qui a longtemps suivi Jean-Paul II au cours de ses déplacements et qui a couvert l’actualité des pays communistes avant la chute du Mur de Berlin, connaît bien ce territoire visité aujourd’hui par le Pape François.

L’évêque de Rome vient certes rappeler les racines chrétiennes de l’Europe, mais aussi «rendre hommage à ces nations qui ont particulièrement souffert du fascisme pendant la guerre et du communisme pendant presque un demi-siècle», souligne le journaliste, en référence aux déplacements du Pape à Budapest ce dimanche et en Slovaquie. 

 

En Slovaquie, Jean-Paul II se sentait "chez lui"

Le Pape fait d’ailleurs dans ce pays «une visite très marquée», remarque Bernard Lecomte. «La Slovaquie est une vieille nation chrétienne, elle a été évangélisée par Cyrille et Méthode au IXe siècle. C’est la troisième nation la plus catholique à l’Est, après la Pologne et la Lituanie,» rappelle-t-il. Évoquant Jean-Paul II, il se souvient que le Pape polonais s’y sentait «chez lui», s’y rendant à trois reprises. «C’était à ses yeux une sorte de petite nation européenne idéale, très catholique et très ouverte», raconte-t-il.

Cette ouverture est saluée aujourd’hui par le Pape François à travers sa visite aux juifs et à la communauté grec-catholique, de rite byzantin. Ces rencontres ont pour but, selon Bernard Lecomte de montrer que «tous ces gens sont capables de vivre ensemble dans une Europe secouée par la modernité et les grandes puissances». «Le Pape va montrer qu’on peut réconcilier dans un pays comme la Slovaquie aussi bien les catholiques latins que les catholiques de rite byzantin et même que les orthodoxes». «C’était aussi le rêve de Jean-Paul II. Il y a beaucoup d’ailleurs de Jean-Paul II chez ce Pape François visitant ce cœur de l’Europe», estime l’écrivain.

Les rencontres prévues avec les communautés juive slovaque et rom montrent, poursuit-il, que le Pape a toujours à l’esprit l’œcuménisme mais aussi le dialogue interreligieux, «est une clé de la paix et de la société européennes de demain».

Entretien avec Bernard Lecomte, écrivain et journaliste
13 septembre 2021, 13:45