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Audience générale: la contemplation est un grand miracle chrétien

Action et contemplation ne sont pas opposées dans la vie de foi chrétienne. La contemplation est un moyen de purification du cœur. Dans sa catéchèse développée lors de l’audience générale du mercredi 5 mai depuis la Bibliothèque du Palais apostolique, l’évêque de Rome a loué les vertus de la prière de contemplation.

La dimension contemplative de l’être humain est un peu comme le «sel» de la vie: elle donne de la saveur, du goût à nos journées, a d’emblée affirmé le Pape François, la détaillant ainsi: «On peut contempler en regardant le soleil qui se lève le matin, ou les arbres qui redeviennent verts au printemps; on peut contempler en écoutant de la musique ou le chant des oiseaux, en lisant un livre, devant une œuvre d’art ou devant ce chef-d’œuvre qu’est un visage humain…»

La contemplation dépend du cœur

En effet, ceux qui vivent dans une grande ville, où tout est artificiel et fonctionnel, avertit le Saint-Père, risquent de perdre la capacité de contempler. «Contempler n’est pas avant tout une manière d’agir, mais une manière d’être», a-t-il estimé, car «être contemplatifs ne dépend pas des yeux, mais du cœur». 

 

Et c’est là qu’entre en jeu la prière, comme acte de foi et d’amour, comme «souffle» de notre relation avec Dieu. La prière purifie le cœur assure le Successeur de Pierre, elle éclaire également le regard, «permettant de saisir la réalité d’un autre point de vue».

Le secret de la relation avec Dieu

Et le Pape de développer combien dans la contemplation amoureuse, «typique de la prière la plus intime», il n’y a pas besoin de beaucoup de mots: un regard suffit, «il suffit d’être convaincus que notre vie est entourée d’un amour grand et fidèle dont rien ne pourra jamais nous séparer».

Jésus, lui, a été le maître de ce regard. «Dans sa vie n’ont jamais manqué les temps, les espaces, les silences, la communion amoureuse qui permet à l’existence de ne pas être dévastée par les épreuves immanquables, mais de conserver sa beauté intacte. Son secret était la relation avec le Père céleste», a poursuivi le Saint-Père, prenant l’exemple de la Transfiguration.

Quand tout s’obscurcit, une lumière divine resplendit

Les Évangiles situent cet épisode au moment critique de la mission de Jésus, quand grandissent autour de Lui la contestation et le refus. Même parmi ses disciples un grand nombre ne le comprennent pas et s’en vont; l’un des Douze couve des pensées de trahison. Jésus commence à parler ouvertement des souffrances et de la mort qui l’attendent à Jérusalem. C’est dans ce contexte que Jésus gravit une haute montagne avec Pierre, Jacques et Jean.

L’Évangile de Marc cité par le Pape dit: «Et il fut transfiguré devant eux et ses vêtements devinrent resplendissants, d'une telle blancheur qu'aucun foulon sur terre ne peut blanchir de la sorte» (9, 2-3).

«Précisément au moment où Jésus est incompris, précisément quand tout semble s’obscurcir dans un tourbillon de malentendus, c’est là que resplendit une lumière divine», insiste le Pape, réaffirmant la non-opposition entre contemplation et action, comme certains maîtres de spiritualité du passé ont voulu l’entendre, exaltant ces vocations qui fuient le monde et ses problèmes pour se consacrer entièrement à la prière.

Pas d’opposition entre l’action et la contemplation

«En réalité, chez Jésus Christ et dans l’Évangile, il n’y a pas d’opposition entre contemplation et action. Il y a un unique grand appel dans l’Évangile, et c’est celui à suivre Jésus sur la voie de l’amour. Tel est le sommet et le centre de tout. Dans ce sens, charité et contemplation sont synonymes, elles disent la même chose», a observé le Saint-Père, avant de conclure: «Ce qui naît de la prière et non de la présomption de notre ego, ce qui est purifié par l’humilité, même s’il s’agit d’un acte d’amour aparté et silencieux, est le plus grand miracle qu’un chrétien puisse réaliser.»

05 mai 2021, 09:50