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Le Pape François prononçant son homélie lors de la messe Chrismale, le 1er avril. Le Pape François prononçant son homélie lors de la messe Chrismale, le 1er avril.  (Vatican Media)

Messe Chrismale: l'annonce de la Bonne Nouvelle est liée à la Croix

En ce matin du Jeudi Saint, le Pape François a célébré la messe Chrismale dans la basilique Saint-Pierre au Vatican. Au cours de son homélie, le Saint-Père est revenu sur l’Évangile de Saint Luc, où Jésus dans la synagogue de Nazareth fait la lecture du livre du Prophète Isaïe pour annoncer l’accomplissement de la Parole. Une prophétie non comprise par le peuple de Nazareth, mais qui vient rappeler combien l’annonce de l’Évangile est intrinsèquement liée à la persécution.

Olivier Bonnel - Cité du Vatican

Le Pape François a célébré ce jeudi matin la messe Chrismale depuis l'autel de la Chaire de Saint-Pierre. Une messe au cours de laquelle il a béni les huiles saintes et consacré le Saint Chrême, comme le veut la tradition. Dans son homélie, le Pape est revenu sur l'Évangile de Luc au chapitre 4 au cours duquel Jésus rappelle le lien entre l'annonce de la Bonne Nouvelle et celle de la Croix.

«L’admiration suscitée par les paroles de grâce qui sortent de la bouche de Jésus a peu duré dans l’esprit des gens de Nazareth», a noté François en rappelant l'hostilité aux paroles du Christ rapportée dans l'Évangile. Le Pape a rappelé combien Jésus, plutôt que de «dialoguer avec l'esprit mauvais», répondait avec l'Écriture, en citant les Prophètes.

Un combat spirituel

Comme Élie et Élisée n'ont été acceptés par leurs compatriotes, les paroles de Jésus sont signes de scandale, mais montrent en quoi s'accomplit la prophétie du vieillard Siméon, que Jésus aurait été « signe de contradiction». La parole de Jésus a le pouvoir de mettre en lumière ce que l’on a dans le cœur, qui d’habitude est un mélange, comme le grain et l’ivraie. Et cela provoque un combat spirituel, a précisé le Pape.

S'adressant aux prêtres, qui au cours de cette messe chrismale sont appelés à renouveler leurs promesses sacerdotales, le Saint-Père a ainsi souhaité rappeler que «l’heure de l’annonce joyeuse et l’heure de la persécution et de la Croix vont ensemble». 

La douce lumière de la Parole et la Croix

Constamment dans l'Évangile, «la douce lumière de la Parole produit clarté dans les cœurs bien disposés et confusion et rejet dans ceux qui ne le sont pas»  a poursuivi le Souverain Pontife. La tendresse miséricordieuse du père attire le fils prodigue mais suscite indignation et rancoeur chez le fils aîné, la proximité de Jésus qui va manger avec les pécheurs gagne des cœurs comme celui de Zachée ou de la Samaritaine, mais provoque des sentiments de mépris chez ceux qui se croient justes. 

«Quelle réflexion pouvons-nous faire afin de tirer profit pour notre vie sacerdotale en contemplant cette présence précoce de la Croix – de l’incompréhension, du rejet, de la persécution – au début et au cœur même de la prédication évangélique ?» a demandé le Pape aux prêtres. 

La Croix présente dès l'annonce du Salut

François a ainsi fait part de plusieurs réflexions sur le sens de la Croix: «il n’est pas étonnant de constater que la Croix est présente dans la vie du Seigneur au début de son ministère et même avant sa naissance. Elle est déjà présente dans le premier trouble de Marie à l’annonce de l’ange», cette Croix est présente encore «dans la persécution d’Hérode et dans les épreuves que subit la Sainte Famille». 

Cette réalité nous aide à comprendre que «la Croix n’est pas un évènement à posteriori, occasionnel, produit d’une conjoncture dans la vie du Seigneur, a poursuivi le Saint-Père, la Croix ne dépend pas des circonstances

Jésus a embrassé la Croix dans son intégrité, «il a embrassé la trahison et l’abandon de ses amis dès la dernière cène, il a accepté la détention illégale, le jugement sommaire, la sentence démesurée, la méchanceté sans motif des gifles et des crachats gratuits» a encore expliqué le Pape, mais s'il est vrai qu’il y a quelque chose de la Croix qui est partie intégrante de notre condition humaine, (...) il est aussi vrai qu’il y a quelque chose de ce qui se passe sur la Croix, qui n’est pas inhérent à notre fragilité».

La prétention de se sauver soi-même

«C’est bien la morsure du serpent, qui, en voyant le crucifié sans défense, le mord et tente d’empoisonner et de discréditer toute son œuvre, a poursuivi François, une morsure qui cherche à scandaliser, à immobiliser et à rendre stériles et insignifiants tout service et tout sacrifice d’amour pour les autres. C’est le venin du malin qui continue d’insister : sauve-toi toi-même».

C'est dans cette morsure du malin «qu'apparait finalement le triomphe de Dieu» a encore dit le Pape. «En mordant la chair du Seigneur, le démon ne l’a pas empoisonné, en revanche, avec l’appât de la Croix, il a avalé la Chair du Seigneur qui a été un venin pour lui et est devenue pour nous l’antidote qui neutralise le pouvoir du malin».

François a invité alors à ne pas se scandaliser parce que Jésus lui-même ne l'a pas été, «parce que l’annonce de l’Évangile ne reçoit pas son efficacité de nos paroles éloquentes, mais de la force de la Croix». 

Les souffrances du Christ en nous

«De la façon dont nous embrassons la Croix en annonçant l’Évangile – avec les œuvres, si nécessaire, avec les paroles – deux choses apparaissent, a conclu le Saint-Père : les souffrances qui nous sont procurées par l’Évangile ne sont pas nôtres mais sont «les souffrances du Christ en nous», et que «nous ne nous annonçons pas nous-mêmes, mais le Seigneur Jésus Christ», nous sommes «serviteurs à cause de Jésus». 

Sentir que le Seigneur nous donne toujours ce que nous demandons mais le fait «à sa manière divine» nous aide à comprendre la Croix, a précisé François en achevant son homélie par une anecdote personnelle: «non pas par masochisme, mais pas amour, par amour jusqu’à la fin».

Messe chrismale 2021 célébrée par le Pape François (commentaires en français)
01 avril 2021, 10:30