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Le Pape François arrive au Palais présidentiel, Bagdad, le 5 mars 2021 Le Pape François arrive au Palais présidentiel, Bagdad, le 5 mars 2021  (Vatican Media) Éditorial

Le Pape, les risques d'un déplacement et le «devoir» d'une présence

Dans les mots du président irakien, tout comme sur les visages des chrétiens rencontrés dans la cathédrale syro-catholique, transparaissaient une profonde gratitude pour le geste de proximité courageux du Souverain Pontife.

ANDREA TORNIELLI

Au terme de la première journée passée par le Pape en Irak, on comprend mieux les raisons qui ont poussé François à maintenir au programme ce voyage, envers et contre tout. «C'est un devoir envers une terre martyrisée depuis tant d'années», a-t-il déclaré aux journalistes après le décollage. La pandémie galopante, les attaques qui se sont succédé ces dernières semaines.... Rien de tout cela n'a fait changer d'avis le Pape, déterminé à témoigner en personne de sa proximité et de son soutien aux chrétiens et à tous les Irakiens qui ont souffert et souffrent encore, malheureusement, à cause de la violence, du terrorisme et du fanatisme dans un pays où l’on a recensé 1400 attentats en 2020.


Les paroles du Président de la République d'Irak, Barham Salih Qassim, ont montré clairement combien la présence de François était attendue, et combien sa fermeté dans sa décision de visiter la terre d'où Abraham est parti était appréciée: «Les Irakiens expriment leur fierté de votre présence, Votre Sainteté étant leur grand et cher invité, malgré les recommandations de reporter la visite en raison des circonstances exceptionnelles que le monde traverse à cause de l'épidémie, et malgré les conditions difficiles que traverse notre pays blessé. Surmonter toutes ces circonstances fait redoubler la valeur de cette visite dans la considération des Irakiens».

Un sentiment de profonde gratitude s'est manifesté sur les visages des membres de la communauté syro-catholique qui, dans l'après-midi, ont accueilli le Successeur de Pierre dans la cathédrale de Bagdad. Une église qui a baigné dans le sang de 48 martyrs, tués alors qu'ils assistaient à la messe du dimanche il y a un peu plus de dix ans. La communauté, émue, s'est rassemblée autour du Pape, venu de Rome pour être proche d'eux. Une stèle à proximité de la cathédrale commémore les victimes de l'attentat, pour lesquelles le processus de béatification est en cours. Un épais mur d'enceinte protégé par du fil de fer barbelé autour du bâtiment sacré témoigne de l'importance du risque dans un pays déchiré par le terrorisme, les milices, les factions, et où les intérêts des puissances régionales et internationales sont étroitement liés. Mais sur les visages des chrétiens qui sont restés vivre ici et qui ont accueilli François avec leurs chants, dans le soir caressé par la brise de Bagdad, on ne lisait pas la peur, mais la joie.


06 mars 2021, 07:56