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Le Pape François est arrivé en Irak

L’avion transportant le Saint-Père et les journalistes a atterri à l’aéroport international de Bagdad vers 11h55 heure de Rome. François entame son 33e voyage apostolique, un déplacement inédit pour un Souverain Pontife sur la terre d’Abraham.

Xavier Sartre et Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Après 4h15 de vol environ et 2947 kilomètres parcourus, incluant le survol de la Grèce, d’Israël et de la Jordanie, l’avion de la compagnie Alitalia avec à son bord le Pape François et 74 journalistes de 15 pays différents est arrivé sur le sol irakien.

Au cours du trajet, s'adressant aux journalistes, le Saint-Père s'est dit «heureux de reprendre les voyages, et c'est un voyage emblématique... c'est un devoir envers une terre qui a été tourmentée pendant tant d'années. Je vous remercie de m'avoir accompagné. Je vais essayer de suivre les instructions, a-t-il déclaré avant de saluer tous les journalistes individuellement, et de ne serrer la main à personne, mais je ne veux pas rester à l'écart, je passerai pour vous saluer de plus près». 

Un après-midi chargée en perspective

Le Souverain Pontife a été accueilli sur le tarmac de l’aéroport international de Bagdad par le cardinal Louis Raphaël Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens, ainsi que le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi. Au sein de l'aéroport, une délégation de personnes en costume traditionnel a réservé au Pape un accueil joyeux et animé, en interprétant quelques chants locaux sur fond d'instruments. Le Premier ministre et son hôte se sont ensuite entretenus de manière privée.  

Après cette arrivée à l'aéroport, François est attendu à 15h00 heures locales (soit 13h00 heure de Rome) au Palais présidentiel pour une cérémonie officielle de bienvenue et une rencontre privée avec le président de la République Barham Salih. Une rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique se déroulera à 15h45, avec un discours du Saint-Père. Celui-ci se rendra ensuite à la cathédrale syro-catholique Notre-Dame-de-l’Intercession de Bagdad pour une rencontre avec les évêques, les prêtres, les religieuses et religieux, les séminaristes et les catéchistes, soit une centaine de personnes à qui François adressera également un discours.

Ce matin, en quittant à 7 heures la Maison Sainte-Marthe, sa résidence au Vatican, pour se rendre à l'aéroport de Fiumicino, le Pape François avait passé quelques instants avec un groupe de réfugiés irakiens, soit une douzaine de personnes accueillies par la Communauté de Sant'Egidio et la Coopérative Auxilium. Elles étaient accompagnées par l’aumônier apostolique du Pape, le cardinal Konrad Krajewski.  


Le sens de ce voyage

François accomplit le rêve de Jean-Paul II. Le Pape polonais voulait débuter le jubilé de l’an 2000 par une visite à Ur sur les traces d’Abraham, le premier des patriarches. Ce voyage n’avait pu se faire à l’époque. Aujourd’hui, François sera le premier pape à fouler la terre où Dieu a appelé Abraham, père des trois religions du Livre, et symbole d’espoir pour continuer de «marcher dans l’espérance et ne jamais cesser de regarder les étoiles», lui qui plaça toute sa confiance en Dieu.   

Cette figure sera présente tout au long de ces trois jours avec notamment la rencontre interreligieuse à Ur. Elle permettra sans doute aussi le dialogue avec le grand ayatollah al-Sistani, la principale autorité chiite d’Irak, homme de paix et voix respectée dans sa communauté, la plus importante du pays. Abraham c’est aussi un exemple d’espérance pour les chrétiens et leurs diverses communautés qui ont besoin du soutien du Saint-Père. Leur nombre a été divisé par trois depuis la chute de Saddam Hussein en 2003.

La guerre, le terrorisme et les difficultés économiques ont été des épreuves particulièrement difficiles pour eux mais aussi pour tous les Irakiens, indépendamment de leur foi. Le Pape vient donc, comme il l’a dit lui-même, pour «prier ensemble, implorer du Seigneur le pardon et la réconciliation après des années de guerre et de terrorisme et demander la consolation des cœurs et la guérison des blessures».

Ce voyage est ainsi l’occasion pour François d’encourager le dialogue et de renforcer les ferments d’un vivre-ensemble à réinventer et de faire de l’Irak un exemple pour tout le Proche et Moyen-Orient. 

05 mars 2021, 11:08