Recherche

Vatican News
Le camp de migrants de Lipa en Bosnie-Herzégovine, touché par un incendie en décembre 2020. Le camp de migrants de Lipa en Bosnie-Herzégovine, touché par un incendie en décembre 2020.  (AFP or licensors)

L’inquiétude du Pape pour les enfants migrants

Après la prière de l’angélus depuis la fenêtre des appartements pontificaux, François a pris la parole pour lancer un appel en faveur des enfants migrants non accompagnés, avant de revenir sur la 7ème Journée mondiale de prière contre la traite, qui a lieu ce lundi 8 février.

Vatican News

«Je voudrais lancer un appel en faveur des enfants migrants non accompagnés. Ils sont si nombreux !», a déploré le Pape devant une place Saint-Pierre parsemée de pèlerins, après la prière de l’angélus du dimanche 7 février. Malheureusement, a continué le Saint-Père, «parmi ceux qui, pour diverses raisons, sont contraints de quitter leur pays, il y a toujours des dizaines d'enfants et de jeunes seuls, sans famille et exposés à de nombreux dangers. Ces derniers jours, j'ai été informé de la situation dramatique des personnes se trouvant sur la "route des Balkans". Mais il y a des enfants sur toutes les routes. Faisons en sorte que ces créatures fragiles et sans défense ne manquent pas de soins et de canaux humanitaires préférentiels.»

La route des Balkans commence en Grèce et se termine en Italie ou en Autriche. Sur cet itinéraire, des milliers de personnes restent bloquées dans camps de réfugiés ou dans des contextes inadéquats, d'autant plus qu'avec l'urgence sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19, de nombreux migrants en transit, logés dans des structures inadaptées, sont mis en quarantaine dans des conditions inacceptables. Des structures et des camps, déjà inadaptés et surpeuplés, ont été transformés en lieux aux conditions extrêmes et non plus durables : sans services, dans des conditions d'hygiène très médiocres, avec de graves risques pour la santé psychologique des migrants, dont beaucoup sont contraints de vivre à l'extérieur. En septembre dernier, l'incendie du camp de Moria, sur l'île de Lesbos, a détruit toutes les installations d'accueil, qui étaient déjà dans un état de délabrement et de négligence de la part des autorités locales et internationales. Fin décembre 2020, le camp de Lipa en Bosnie-Herzégovine brûlait à son tour, anéantissant les espoirs et la stabilité précaire de quelque 1 200 personnes de diverses origines qui tentaient de rejoindre l'Europe centrale et septentrionale.

Les victimes de la traite

Dans sa prise de parole, le Pape François est ensuite revenu sur la Journée mondiale de prière et de réflexion sur la traite des êtres humains, qui a lieu ce lundi 8 février. «Cette année, l'objectif est de travailler pour une économie qui ne favorise pas, même indirectement, ces vils traits, c'est-à-dire une économie qui ne fait jamais de l'homme et de la femme une marchandise, un objet, mais toujours la finalité : le service à l'homme, à la femme, mais pas pour les utiliser comme marchandise. Demandons à sainte Joséphine Bakhita de nous aider dans cette tâche.», a déclaré l’évêque de Rome. 

Joséphine Bakhita est née au Soudan en 1869. Elle a été enlevée à l’âge de 7 ans pour être vendue à cinq reprises comme esclave avant d’être recueillie par le consul d’Italie à Khartoum et conduite par lui en Italie. Elle y est domestique avant d’être affranchie par la justice, l’esclavage n’existant pas en Italie. À l’âge de 24 ans, elle souhaite devenir religieuse et prononce ses vœux perpétuels en 1927 au sein de la congrégation des sœurs de la Charité. Elle passa cinquante ans dans la maison des canossiennes de Schio dans le nord de l’Italie, s'occupant de la cuisine, de la lingerie et de la conciergerie. Elle fut béatifiée le 17 mai 1992 et canonisée par Jean-Paul II le 1er octobre 2000. 

7eme Journée mondiale de prière contre la traite

Em 2015, l’Église a institué une Journée mondiale de prière et de réflexion sur la traite des êtres humains, sur volonté du Pape qui souhaitait ainsi sensibiliser les fidèles. L’Organisation internationale du travail estime qu’environ 40 millions d’individus sont actuellement victimes de travail forcé ou de prostitution à travers le monde. Plusieurs millions de personnes seraient, en outre, vendues à des fins lucratives, dans leurs pays d’origine, de transit ou de destination. 

07 février 2021, 13:00