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François: la société est plus humaine en prenant soin des plus fragiles

Dans son message publié à l'occasion de la prochaine Journée mondiale du malade le 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, le Pape François invite à redécouvrir la relation de confiance qui existe entre les personnes malades et celles qui les assistent, que ce soit le personnel soignant ou leurs familles.

Olivier Bonnel - Cité du Vatican

«Ma pensée va en particulier vers tous ceux qui, dans le monde entier, souffrent des effets de la pandémie du coronavirus. Je tiens à exprimer à tous, spécialement aux plus pauvres et aux exclus, que je suis spirituellement proche d’eux et les assurer de la sollicitude et de l’affection de l’Église» écrit le Pape au début de ce message, qui prend un relief particulier cette année. La Journée mondiale du malade, célébrée chaque année le 11 février en la mémoire de Notre-Dame de Lourdes «est un moment propice pour réserver une attention spéciale aux personnes malades et à celles qui les assistent, aussi bien dans les lieux dédiés aux soins qu’au sein des familles et des communautés», rappelle François. 

Le thème choisi cette année est tiré de l'Evangile selon Saint Matthieu: «Vous n’avez qu’un seul maître et vous êtes tous frères» (Mt 23, 8). Ainsi le Pape a choisi de centrer son message sur «la relation de confiance à la base du soin des malades». Un thème, souligne François, qui s’inspire du passage évangélique dans lequel Jésus critique «l’hypocrisie de ceux qui disent mais ne font pas». Le Souverain pontife commence sévèrement par cette mise en garde devant la tentation de réduire la foi «à de stériles exercices verbaux, sans s’impliquer dans l’histoire et les besoins de l’autre».

Un modèle opposé à l'hypocrisie

«La critique que Jésus adresse à ceux qui "disent et ne font pas" est toujours salutaire pour tous car personne n’est immunisé contre le mal de l’hypocrisie, poursuit le Pape. Jésus, écrit-il, offre un modèle de comportement à l'opposé de cette hypocrisie. «Il propose de s’arrêter, d’écouter, d’établir une relation directe et personnelle avec l’autre, de ressentir empathie et émotion pour lui ou pour elle, de se laisser toucher par sa souffrance jusqu’à s’en charger par le service».

L'expérience de la maladie, «nous fait sentir notre vulnérabilité et, en même temps, le besoin inné de l’autre» explique François. Parfois lorsque nous sommes malades, l'incertitude, la crainte et même le désarroi peuvent envahir notre coeur. «La maladie impose une demande de sens qui, dans la foi, s’adresse à Dieu, une demande qui cherche une nouvelle signification et une nouvelle direction à notre existence et qui, parfois, peut ne pas trouver tout de suite une réponse», note le Saint-Père. Parfois la famille et les amis eux-mêmes ne sont pas en mesure de nous aider «dans cette quête laborieuse». 

La figure de Job

Le Pape revient ainsi sur la figure biblique de Job qu'il juge emblématique. Face à la solitude, aux souffrances et à l'écrasement, Job se tourne pour crier «en choisissant la voie de la sincérité envers Dieu et envers les autres» et Dieu finit par lui répondre «en lui ouvrant un horizon nouveau». Dieu, précise le Pape, lui fait comprendre «que sa souffrance n’est pas une punition ou un châtiment; elle n’est même pas un éloignement de Dieu ou un signe de son indifférence».

François tire donc les enseignements de la pandémie actuelle, qui «a mis en lumière beaucoup d’insuffisances des systèmes de santé et de carences dans l’assistance aux personnes malades. L’accès aux soins n’est pas toujours garanti aux personnes âgées, aux plus faibles et aux plus vulnérables, et pas toujours de façon équitable». Investir des ressources dans les soins de santé et dans l'assistance des personnes malades «est une priorité liée au principe selon lequel la santé est un bien commun primordial» rappelle-t-il. 

La générosité des acteurs de la santé

Dans le même temps, relève François, cette pandémie a aussi mis en évidence la générosité de tant d'agents sanitaires, volontaires, prêtres, religieux ou religieuses, qui «avec professionnalisme, abnégation, sens de la responsabilités et amour du prochain, ont aidé, soigné, réconforté et servi beaucoup de malades et leurs familles». Le Pape rend hommage à cette «foule silencieuse d’hommes et de femmes qui ont choisi de regarder ces visages, en prenant en charge les blessures des patients qu’ils sentaient proches en vertu de leur appartenance commune à la famille humaine». 

En tant que chrétiens, nous vivons cette proximité du bon Samaritain, unis à l'action de l'Esprit Saint, de façon «non seulement personnelle mais aussi sous forme communautaire». Le Souverain pontife souhaite ainsi rappeler la valeur de la solidarité fraternelle, où «chacun est capable de laisser de côté ses aspirations, ses envies, ses désirs de toute puissance en voyant concrètement les plus fragiles». «Le service n’est jamais idéologique, du moment qu’il ne sert pas des idées, mais des personnes» rappelle t-il encore, en son homélie prononcée à La Havane en septembre 2015.

Relation avec le malade et charité du Christ

Cette relation avec le malade est essentielle, note encore François dans son message, et «trouve précisément une source inépuisable de motivation et de force dans la charité du Christ, comme le démontre le témoignage millénaire d’hommes et de femmes qui se sont sanctifiés en servant les malades». L'Évangile montre que les guérisons de Jésus ne sont jamais des «gestes magiques», mais bien «le fruit d'une rencontre, d'une relation interpersonnelle où, au don de Dieu offert par Jésus, correspond la foi de celui qui l’accueille». 

Le Pape invite ainsi à redécouvrir le commandement de l'amour que Jésus a laissé à ses disciples et qui se réalise concrètement dans le service des malades. «Une société est d’autant plus humaine qu’elle prend soin de ses membres fragiles et souffrants et qu’elle sait le faire avec une efficacité animée d’un amour fraternel» précise-t-il. Le Saint-Père conclu ce message en confiant «toutes les personnes malades, les agents de santé et ceux qui se prodiguent aux côtés de ceux qui souffrent» à Marie, mère de Miséricorde et Santé des malades. «Qu’elle nous aide à prendre soin les uns des autres avec un amour fraternel». 

 

12 janvier 2021, 12:00