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Un pèlerin brandit un drapeau argentin lors de l'audience générale du 5 juin 2019, Place St-Pierre Un pèlerin brandit un drapeau argentin lors de l'audience générale du 5 juin 2019, Place St-Pierre 

La proximité du Pape pour les 500 ans de la première messe sur le sol argentin

Le 500ème anniversaire de la première messe en territoire argentin a été célébré ce mercredi 1er avril à midi, avec une célébration eucharistique présidée par l'évêque de Rio Gallegos, Mgr Jorge García Cuerva, en l'absence des fidèles, en raison des mesures prises dans le contexte de la pandémie. Le Pape François a manifesté son intérêt pour cet anniversaire à travers une lettre, où il rappelle aussi le sens de l’Eucharistie dans la vie quotidienne.

Cette messe d’anniversaire devait avoir lieu à Puerto San Julián, localité de la province de Santa Cruz (pointe sud de l’Argentine), le lieu même où la première messe a été célébrée en 1520, le dimanche des Rameaux, à la demande de Fernando de Magallanes, capitaine portugais de l’expédition espagnole parvenue la veille, par les mers, jusqu’aux côtes argentines.

Mais raison des mesures imposées face à la pandémie de Covid-19, la célébration s’est déroulée à l’évêché de Rio Gallegos, Puerto San Julian appartenant à ce diocèse.

Le Saint-Père a tenu à faire part de sa proximité en la mémoire de cet évènement marquant de l’histoire du catholicisme sur sa terre natale.

«Je vous remercie de m'avoir invité à être plus proche de vous en ce jour où nous nous souvenons de la première Eucharistie célébrée sur vos terres», écrit le Pape au début de cette lettre rédigée le 31 mars dernier à l’attention de Mgr Jorge García Cuerva. «Je sais qu'en raison de la situation douloureuse et affligeante qui frappe tant de régions du monde et à laquelle vous n’êtes pas étrangers, vous avez dû annuler la célébration que vous aviez préparée. De manière soudaine, nous avons tous été surpris par une pandémie qui nous a déconcertés et nous a mobilisés pour changer nos activités et nos priorités», continue François.

Par l’Eucharistie, le Christ est toujours au milieu de nous

«Nous sommes comme les disciples d'Emmaüs, marchant avec "un visage triste" à cause de ce qui se passe, inquiets de la façon dont cela va se développer et des conséquences que cela va laisser. Comme il est bon pour nous, dans ce contexte, de dire au Seigneur, en suppliant comme eux : "Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse" (Lc 24, 29)». Et le Saint-Père de rappeler que la «présence de Jésus dans l'Eucharistie qui, silencieusement et discrètement, nous accompagne depuis plus de 500 ans, est le sacrement de l'alliance que Dieu a voulu sceller avec son peuple, avec notre peuple: Il est au milieu de nous et encourage notre cheminement. Cette certitude, que nous avons héritée de nos parents et grands-parents, est la réserve spirituelle qui a accompagné, façonné et forgé l'âme de notre Nation, et nous voulons qu'elle marque aussi l'avenir de nos enfants et petits-enfants. De la nourriture pour la vie en temps de famine et de tribulation; et un panier débordant des joies et du bonheur qui ont tissé notre histoire».

Un mémorial d’amour miséricordieux et de compassion

«Dans ces moments où le contact est mesuré et évité, il est essentiel que nous puissions faire mémoire et apprendre le sentiment eucharistique que seul le Seigneur peut nous enseigner», poursuit le Pape avant de s’arrêter sur les paroles du Christ, répétées lors de chaque Eucharistie: "faites cela en mémoire de moi" (Lc 22, 19). Des mots qui «continuent de résonner dans les différentes villes, paroisses, chapelles, hôpitaux, écoles, maisons, cités et quartiers». C’est «son peuple sacerdotal qui continue la multiplication des pains afin que personne ne manque de la nourriture qui donne la vie», explique François, des prêtres qui savent «"aimer leur prochain comme eux-mêmes" (Mt 22,39) en imaginant des moyens créatifs pour que personne ne soit laissé sur le bord du chemin». Ces paroles sont aussi «le mémorial de son amour miséricordieux qui continue à relever les déchus, à libérer les captifs et les opprimés, à rendre la vue aux aveugles et à proclamer une année de grâce dans le Seigneur. C'est le mémorial de sa compassion qui est donné comme pain de réconciliation pour guérir les blessures qui divisent, confrontent et dispersent. C'est le mémorial de son espoir qui nous donne la possibilité, à partir de tout ce qui nous différencie, de sentir que nous sommes une partie vivante d'un peuple, de son peuple. C'est le désir de participer à ce rêve de Dieu qui nous unit et nous invite à nous faire du souci saintement afin que personne ne vive dans la solitude, sans la force, la lumière et le réconfort de l'amitié avec Jésus Christ, une communauté de foi qui les embrasse et un horizon de sens et de vie».

Le Pape proche des fidèles argentins

"Faire cela en mémoire de moi", résume François, «c'est participer à ce sacrifice de communion qui nous invite à reconnaître que nous ne sommes pas seulement touchés par un problème qui nous entoure, mais aussi des promoteurs potentiels d'un bien qui nous pousse», et c’est enfin «se laisser prendre, bénir et donner comme pain rompu et partagé pour la vie du monde».  

Le Pape évoque enfin la nappe d’autel utilisée pour cette messe de commémoration. Une nappe «fabriquée avec les intentions qui ont été recueillies pendant tous ces mois, avec la participation de personnes de tout le pays». Des fidèles qui, «même au milieu des restrictions et des obstacles, cherchent des moyens de se faufiler pour "toucher son manteau", pour offrir leur vie, pour mettre leurs histoires sur l'autel afin que Jésus puisse les oindre de la grâce de sa bénédiction». «Je me joins moi aussi à eux depuis ici, en tant que fils et membre de ce Peuple de Dieu qui rend grâce et célèbre la fidélité du Seigneur», conclut le Saint-Père.

02 avril 2020, 15:06