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Le Pape et les participants du séminaire portant sur un pacte mondial pour l'éducation, ce vendredi 7 février 2020. Le Pape et les participants du séminaire portant sur un pacte mondial pour l'éducation, ce vendredi 7 février 2020.  (Vatican Media)

Le Pape invite à s'unir pour proposer un nouveau pacte éducatif

Face à la «crise» du modèle actuel, le Pape plaide ce vendredi 7 février pour un nouveau «pacte éducatif» impliquant les familles, les écoles et les institutions sociales, culturelles et religieuses pour permettre de «former des personnes matures, capables de réparer le tissu relationnel et de créer un monde plus fraternel». François s’exprimait en salle du Consistoire du Palais apostolique face à une quarantaine de responsables universitaires venant du monde entier.

Marie Duhamel - Cité du Vatican

Ce vendredi 7 février à la mi-journée, le Pape s’est adressé aux participants d’un séminaire organisé par l’Académie pontificale des Sciences sociales sur l’«Éducation: un pacte mondial».

Aujourd’hui, «une éducation de base est la norme idéale de par le monde», et il a été avéré que des progrès ont été faits pour permettre un meilleur accès à l’école. La scolarisation des enfants à l’école primaire est «quasi universelle» et la différence entre les sexes s’est réduite. Pourtant, aujourd’hui encore, «une éducation intégrale et de qualité ainsi que l’établissement de normes visant à l’obtention d’un diplôme demeurent un défi mondial», et ce malgré les objectifs fixés par les Nations-unies et les efforts accomplis par certains pays.

Le Pape souligne qu’il n’existe pas «d’égalité d’éducation» en raison notamment  de la pauvreté, des discriminations, du changement climatique, de la mondialisation de l’indifférence et de l’exploitation des êtres humains.

Les vertus de l’éducation

Or, c’est grâce à l’éducation que «des hommes et des femmes parviennent à atteindre leur potentiel maximal et deviennent conscients , libres et responsables», souligne le Pape qui spécifie que l’éducation n’est pas qu’«une simple transmission de concepts». Il s’agit selon lui d’une «entreprise qui exige la coopération» des familles de l’école et des institutions sociales, culturelles et religieuses. Pour mieux éduquer, il convient aussi «de combiner le langage de la tête avec celui du cœur et celui des mains» pour penser, ressentir et agir.

Un point de rupture

Actuellement, le Pape constate une «crise» du pacte éducatif entre les familles, l’école, la nation et le monde, la culture et les cultures. Les parties appelées à éduquer ont toutes «délégué cette tâche décisive à d’autres», affirme François, et ainsi «les différentes institutions de bases et les États eux-mêmes ont fui leurs responsabilités et échoué dans ce pacte éducatif». Pour le Pape, nous sommes à un «sérieux point de rupture», qui ne peut être paré qu’avec «un effort universel renouvelé de générosité et de coopération».

Un nouveau pacte

Le Pape propose ainsi quelques pistes visant à la mise en place d’un nouveau pacte éducatif. Il faut, dit-il, «renouveler et consolider le dévouement de tous, individus et institutions», mais également qu’il y ait «une intégration des disciplines» de la culture, du sport, des sciences, de la relaxation et de la récréation, car «des ponts doivent être construits pour venir à bout de toutes formes d’isolement qui nous enferme dans notre petit monde afin de se lancer en mer ouverte dans le respect de toutes les traditions».

À ce titre, le Pape juge essentiel que chacun ait une idée claire de sa propre tradition et de sa propre culture pour mieux se comprendre soi-même en rencontrant et s’appropriant la diversité culturelle et les changements, ainsi «la culture du dialogue et la compréhension mutuelle pourront croître dans un esprit de sérénité et de tolérance» assure-t-il. Le Pape plaide donc pour une éducation qui rende les jeunes capables d’identifier et de rechercher «les vraies valeurs humaines» d’un point de vue interculturel et interreligieux.

Soutenir familles et enseignants

Concernant les familles, premières responsables de la vie de l’enfant, le Pape souhaite qu’elles occupent la place qui leur revient. Elles doivent être «aidées à comprendre l’importance du tout début de la vie et être préparées à agir en conséquences».

Concernant les professeurs, le Pape rend hommage à ces «artisans» qu’il encourage à continuer «avec courage et ténacité» de «façonner les générations à venir». Avec leur «connaissances, leur patience et leur dévouement, il communique une manière de vivre et d’agir qui manifeste une richesse qui n’est pas matérielle mais spirituelles» , «une grande responsabilité» qui implique une formation « à la hauteur des meilleures normes de tout niveau académique». Il faut également leur accorder des ressources nationales, internationales et privées suffisantes pour qu’il mènent à bien leur travail, de manière efficace.

Induire la beauté

Le Pape a enfin pris acte des travaux effectués lors de ce séminaire afin d’offrir une éducation plus humaine et équitable à tous, au regard de la situation économique actuelle, mais aussi des progrès technologiques accomplis, notamment en vue d’atteindre les jeunes migrants et réfugiés.

Le Pape a conclu son intervention en évoquant la beauté: «On ne peut pas éduquer sans induire la beauté, sans induire la beauté du cœur. En forçant un peu le discours, j'oserais dire qu'une éducation n'est pas réussie si elle ne sait pas créer des poètes. Le chemin de la beauté est un défi qu'il faut relever».

07 février 2020, 13:11