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Le Pape et les deux lauréats du prix Ratzinger, le professeur canadien Charles Taylor et le jésuite burkinabé Paul Béré Le Pape et les deux lauréats du prix Ratzinger, le professeur canadien Charles Taylor et le jésuite burkinabé Paul Béré 

Le Pape invite à «chercher le chemin vers Dieu», en remettant le prix Ratzinger

Ce samedi 9 novembre, le Saint-Père a remis le Prix Ratzinger au professeur canadien Charles Taylor et au père Paul Béré, sj, au Vatican. Il a salué leur volonté de se faire des «collaborateurs de la vérité» à la suite des enseignements du Pape émérite Benoît XVI, auquel François a rendu un hommage appuyé. «Dans la variété des cultures, qui évoluent dans le temps et l'espace, on peut et on doit toujours chercher et trouver le chemin vers Dieu et la rencontre avec le Christ», a réaffirmé le Pape François.

Marie Duhamel - Cité du Vatican

Face à un parterre de 400 personnes dans la salle Clémentine, au sein du palais apostolique, le Pape a profité de cette remise de prix pour exprimer à nouveau «son estime et son affection» pour son prédécesseur. Au nom de l’Église, François a exprimé sa reconnaissance pour l'enseignement et l'exemple qu'il a donnés en servant l'Église, «en réfléchissant, pensant, étudiant, écoutant, dialoguant et priant, afin que notre foi demeure vivante et consciente malgré les temps et les situations changeants, et que les croyants sachent rendre compte de leur foi avec un langage qui soit compréhensible pour leurs contemporains et entrer en dialogue avec eux, pour rechercher ensemble les voies de la rencontre de Dieu en notre temps». Tel  a toujours été, selon François «le désir intense» de Joseph Ratzinger.

Le Pape souligne combien son prédécesseur fut à la fois théologien et pasteur, ne s’enfermant jamais «dans une culture purement conceptuelle et désincarnée». Dans sa recherche de vérité, raison et foi, intelligence et spiritualité sont continuellement intégrées, a poursuivi François. En ce sens, toutes les disciplines et les arts contribuent à la croissance de l’être humain vers sa plénitude, qui ne se trouve que dans la rencontre avec le Christ.

Des pistes pour relever le défi de la sécularisation

Après cet hommage, le Pape a exprimé son admiration et sa gratitude aux deux lauréats du prix Ratzinger 2019, le philosophe canadien Charles Taylor et le père jésuite Paul Béré, originaire du Burkina Faso, qui ont apporté «une contribution remarquable» à l’Église engagée dans un «dialogue actif» avec les cultures changeantes du monde, ce qui constitue «un devoir pour la théologie, une condition nécessaire pour la vitalité de la foi chrétienne et la mission d’évangélisation de l’église».

Le professeur Taylor a travaillé avec «esprit et cœur» à comprendre, notamment, le phénomène de la sécularisation. Le Pape salue la profondeur de ses analyses sur «le développement de la culture occidentale, les mouvements de l'esprit humain au fil du temps, en identifiant les caractéristiques de la modernité», permettant de lire «sans superficialité» les raisons des changements qui ont eu lieu dans la pratique religieuse et de chercher «sans fatalisme» de nouvelles manières de vivre et d'exprimer aujourd’hui les dimensions transcendantes de l'âme humaine, «les dimensions spirituelles dans lesquelles l'Esprit Saint continue à travailler même quand, à première vue, on ne le remarque pas».

Inculturation africaine du message chrétien

Premier Africain à recevoir le Prix Ratzinger, le jésuite burkinabé Paul Béré est un érudit de l'Écriture Sainte. Le Pape est «heureux» d’exprimer son appréciation et son encouragement à tous ceux qui se sont engagés pour l'inculturation de la foi en Afrique. Si dans les premiers siècles du christianisme, l'Afrique du Nord a donné des figures gigantesques à l'Eglise,  comme Tertullien, Cyprien, Augustin, le Pape note que «la diffusion de l'Islam et des siècles de colonialisme ont empêché une véritable inculturation africaine du message chrétien jusqu'à la seconde moitié du siècle dernier». La théologie africaine contemporaine est donc encore jeune, poursuit-il, mais semble dynamique et pleine de promesses, ce dont témoigne le père Béré qui travaille sur l'interprétation des textes de l'Ancien Testament dans un contexte de culture «orale», en s'appuyant sur l'expérience des cultures africaines. Le jésuite enseigne actuellement au sein de l’Institut biblique pontifical, et il est consulteur auprès des Conseils pontificaux pour la Culture et pour la Promotion de l’Unité des chrétiens.

Deux lauréats qui viennent de deux continents et de deux milieux culturels tout à fait différents, mais dont le travail s’attache, pour l’un et l’autre, à chercher et trouver le chemin vers Dieu, et la rencontre avec le Christ. Se référant à l’exhortation de Paul VI Evangelii Nuntiandi, le Pape réaffirme que «l'accès aux dimensions de l'humanité en quête de rédemption doit être recherché dans toutes les directions, avec créativité, avec imagination ; il doit s'exprimer avec les langues appropriées dans tous les domaines et espaces dans lesquels l'humanité vit ses peines, ses joies, ses espoirs».

 

09 novembre 2019, 12:58