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Le Pape inaugure un musée et une exposition au sein des Musées du Vatican

Ce 18 octobre à 16 heures, le Pape François s’est rendu aux Musées du Vatican afin d’inaugurer et de visiter la première section du musée ethnologique “Anima mundi”, récemment rénové, et une exposition sur l’Amazonie. Dans son allocution, il a expliqué en quoi un tel lieu favorise la culture du dialogue et de la rencontre, encouragée par l’Église.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Le Saint-Père, invité à inaugurer ce musée ethnologique au nom «si évocateur» et fraîchement rénové, a d’abord proposé à l’assistance sa vision des Musées du Vatican. Pour lui, cette institution est appelée à «devenir toujours davantage une “maison” vivante, habitée et ouverte à tous, avec les portes grandes ouvertes aux peuples du monde entier», un lieu «où percevoir concrètement que le regard de l’Église ne connaît pas de marginalisations».

Au cœur de l’Église, un lieu ouvert sur le monde 

Le visiteur, a continué le Pape, doit «sentir que dans cette maison il y aussi de la place pour lui, pour son peuple, sa tradition, sa culture», quelle qu’elle soit. Le symbole est fort: «tous les peuples sont là, à l’ombre de la coupole de Saint-Pierre, proches du cœur de l’Église et de celui du Pape». Et cette proximité véhicule un message: «l’art n’est pas quelque chose de déraciné», l’art «naît du cœur des peuples» et va «au cœur des peuples».

Dans ce musée “Anima mundi” aux riches collections, le visiteur doit aussi percevoir que chaque «œuvre d’art a la même valeur», et qu’elle est «entretenue et protégée» avec autant de passion que celles, souvent plus connues, des autres sections des Musées.

La transparence pour mieux dialoguer

François a souligné que ce musée ethnologique est un «espace spécial», «espace du dialogue, de l’ouverture à l’autre, de la rencontre». Il a bien sûr félicité tous ceux qui ont travaillé à sa restructuration, se réjouissant qu’elle ait été conduite sous le «signe de la transparence»: une «valeur importante, surtout dans une institution ecclésiale», a expliqué le Pape. «Nous en avons toujours besoin !», s’est-il exclamé. La mise en valeur et la présentation des œuvres d’art doit faire comprendre qu’il faut «toujours regarder chaque culture, autrui, avec ouverture d’esprit et avec bienveillance».

«La beauté nous unit», a poursuivi le Souverain Pontife. Elle invite à «vivre la fraternité humaine, en séparant la culture de la rancœur, du racisme, du nationalisme, qui sont toujours en embuscade», et qui sont des «cultures sélectives, des cultures des nombres fermés». François a rappelé quelques «bonnes initiatives» passées, qui montrent que l’art peut «dépasser aussi les barrières et les distances»: le prêt de quelques pièces du musée ethnologique à la Chine pour une exposition à Pékin, à la Cité Interdite, fin mai dernier, ou quelques prêts à des pays de culture musulmane.

Percevoir la voix de Dieu

Le Saint-Père a enfin souhaité au musée ethnologique de toujours «prendre soin» de «son identité spécifique» et de «rappeler à tous la valeur de l’harmonie et de la paix entre les peuples et les nations». «Et que l’art ici rassemblé puisse faire résonner la voix de Dieu en tous ceux qui visiteront cette collection», a-t-il conclu.

François a par ailleurs inauguré une exposition sur l’Amazonie (intitulée Mater Amazonia - The deep breath of the world), organisée au sein de ce même musée ethnologique, alors que se déroule au Vatican le Synode spécial des évêques sur l’Amazonie. Certains pères synodaux étaient également présents. 

Un musée qui a vu le jour sous Pie XI

L’histoire du musée missionnaire ethnologique “Anima mundi” («âme du monde») remonte à 1925, année au cours de laquelle le Pape Pie XI organisa un grand événement: l’Exposition vaticane, qui devait faire connaître les traditions culturelles, artistiques et spirituelles de tous les peuples. Suite au grand succès de cette exposition, qui montra plus de 100 000 objets et œuvres d’art provenant du monde entier à plus d’un million de visiteurs, le Pape décida de transformer cet événement temporaire en une exposition permanente: c’est ainsi qu’est né le musée missionnaire ethnologique. Créé le 12 novembre 1926, il a été inauguré en décembre de l'année suivante. Il fut logé au Palais du Latran jusqu’à ce qu’il ne soit déplacé, au début des années 1970 – sous le pontificat de saint Paul VI -, là où il se trouve aujourd’hui, dans les Musées du Vatican.

Parmi les 100 000 œuvres envoyées pour l’Exposition, 40 000 pièces furent sélectionnées par une commission pour rester sur place, à titre de don fait par les populations du monde aux Papes. Ce groupe d’œuvres initial fut complété par de splendides pièces qui étaient conservées jusque-là dans le Musée Borgia au Palais de Propaganda Fide, témoignage de la rencontre entre le monde occidental et les autres cultures.

Le Musée ethnologique renferme actuellement plus de 80 000 objets et œuvres d’art. La collection est très variée, des milliers de pièces préhistoriques provenant du monde entier et remontant à plus de deux millions d’années, jusqu’aux dons faits au pape actuel. Le visiteur effectue un véritable voyage à travers les époques et les cultures, passant des témoignages des grandes traditions spirituelles asiatiques à celles des civilisations précolombiennes et de l’Islam, des productions des peuples africains à celles des habitants de l’Océanie et de l’Australie, ou encore des populations indigènes d’Amérique.

18 octobre 2019, 17:38