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Le Pape François et les participants à l'Assemblée plénière de la ROACO - au premier plan, le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales Le Pape François et les participants à l'Assemblée plénière de la ROACO - au premier plan, le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales  (Vatican Media)

Devant la ROACO, le Pape fait part de sa volonté d’aller en Irak «l’année prochaine»

Le Pape François a rencontré ce lundi matin les participants à la 92e Assemblée plénière de la ROACO (Réunion des Œuvres d'Aide aux Églises Orientales). Il a exprimé sa proximité envers divers pays où la paix est menacée ou en construction, puis encouragé l’œuvre des organismes ecclésiaux, notamment auprès de jeunes en quête d’espérance et de fraternité.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Diverses réalités actuelles ont été abordées par le Souverain Pontife en première partie de son discours.

Tendresse et colère de Dieu

C’est «avec tristesse» qu’il a d’emblée évoqué le «drame de la Syrie» et les «nuages denses qui semblent à nouveau s’amonceler au-dessus d’elle, dans quelques zones encore instables et où le risque d’une crise humanitaire encore plus grande reste élevé». Le Pape a mentionné tous ceux qui souffrent, avant de déclarer avec gravité: «si les cœurs des hommes sont insensibles, celui de Dieu ne l’est pas, [il est] blessé par la haine et par la violence qui peut se déchaîner entre ses créatures, [il est]toujours capable de s’émouvoir et de prendre son d’elles avec la tendresse et la force d’un père qui protège et qui conduit». Mais la «colère de Dieu éclatera contre ces responsables de pays qui parlent de paix et vendent les armes pour faire ces guerres. Cette hypocrisie est un péché», a dénoncé François.

Vers un voyage en Irak ?

Puis, à propos de l’Irak, François a relevé l’évolution encourageante de la situation, souhaitant que le pays «puisse regarder vers l’avant à travers la participation pacifique et partagée à la construction du bien commun de toutes les composantes – y compris religieuses – de la société, et ne retombe pas dans les tensions venant des conflits jamais éteints des puissances régionales». L’Irak, «où j’ai la volonté d’aller l’année prochaine», a précisé le Saint-Père. Un tel déplacement serait inédit dans ce pays, encore jamais visité par un Souverain pontife. Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, s’y était rendu du 24 au 28 décembre dernier, visitant Bagdad, le Kurdistan irakien et la plaine de Ninive. Sa visite avait été très appréciée de la population locale, en particulier bien sûr de la communauté chrétienne.

Sur le chemin de la paix

François  s’est ensuite inquiété de l’Ukraine et de sa population blessée, à laquelle il est venu en aide par une initiative de charité soutenue par divers membres de la ROACO. Concernant la Terre Sainte, c’est la seconde phase du projet de restauration de la Basilique du Saint-Sépulcre qui a été saluée par le Souverain Pontife. Il a souhaité que communautés chrétiennes et acteurs locaux et internationaux travaillent main dans la main afin d’atteindre «rapidement une coexistence pacifique dans le respect de tous ceux qui habitent cette Terre, signe pour tous de la bénédiction du Seigneur».

Le Saint-Père n’a pas manqué de parler des «personnes en fuites massées sur des navires», cherchant avec peine un port où accoster, notamment en Europe. L’Europe qui, a fait remarquer François avec inquiétude, «ouvre toutefois ses portes aux embarcations qui doivent charger des armements sophistiqués et coûteux, capables de produire des dégâts qui n’épargnent pas même les enfants».

Aider les jeunes à se libérer des «colonisations idéologiques»

Mais ce tableau plutôt sombre comporte aussi des traces de lumière, des «voix d’espérance et de consolation» d’après les mots du Pape. Il s’agit des «échos de cette infatigable œuvre de charité» menée par les organismes de la ROACO. Une œuvre qui «manifeste le visage de l’Église et contribue à la rendre vivante, en particulier en alimentant l’espérance pour les jeunes générations». Le Saint-Père a encouragé l’engagement de ces structures sur leurs terrains de mission, afin que «les jeunes puissent grandir en humanité, libres de colonisations idéologiques, le cœur et l’esprit ouverts, appréciant leurs propres racines nationales et ecclésiales et désireux d’un futur de paix et de prospérité, qui ne laisse personne en arrière et ne discrimine personne».

François a enfin exhorté à «préserver» les «réalités» qui servent la fraternité humaine, dans l’esprit du Document sur la fraternité humaine signé par le Pape et le Grand Imam d’Al-Azhar en février dernier. Le Saint-Père a ainsi eu une pensée particulière pour «les institutions de formation, écoles et universités, si précieuses, en particulier au Liban et dans tout le Moyen-Orient».

L’Assemblée plénière de la ROACO s’est ouverte ce lundi 10 juin. Ses travaux se concluront le 12 juin prochain.

 

10 juin 2019, 12:35