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Le Pape devant les membres de l'Association Nationale des Magistrats, le 9 février 2019. Le Pape devant les membres de l'Association Nationale des Magistrats, le 9 février 2019.  (Vatican Media)

Le Pape encourage les magistrats italiens à servir le Bien commun

Le Pape François a reçu ce matin les membres du Comité central de l’Association Nationale des Magistrats, une organisation italienne qui regroupe 90% des magistrats du pays, et qui fête cette année son 110e anniversaire.

Cyprien Viet – Cité du Vatican

Le Pape a mis en exergue la fonction «précieuse et délicate» du magistrat, qui doit remplir «un important devoir de surveillance sur les règles démocratiques et de promotion des valeurs constitutionnelles, au service du bien commun».

François a souligné la responsabilité des magistrats pour soutenir l’équilibre de la société «dans un contexte traversé par des tensions et des déchirements» et par «la revendication d’une multiplicité de droits» souvent adossée à une faible perception de ses propres devoirs, et à une «insensibilité diffuse pour les droits primaires» d’une multitude de personnes. Dans ce contexte, la justice est «indispensable pour le fonctionnement correct de chaque domaine de la vie publique et pour que chacun puisse conduire une vie sereine».

La justice est «la vertu cardinale par excellence», parce que toutes les autres vertus cardinales, la prudence, la force et la tempérance, concourent à sa réalisation. Le Pape s’est toutefois dit conscient des difficultés vécues par les magistrats pour exercer concrètement et librement cette vertu, dans un contexte marqué par les difficultés posées par le manque de personnel et le délabrement des structures. D’autres difficultés sont liées à «des vides législatifs sur d’importantes questions», ou au contraire à la surabondance de lois, qui provoque des conflits et des contradictions entre des lois différentes, anciennes ou récentes, nationales ou supra-nationales.

La justice pour établir la vérité

Dans un monde qui surabonde d’informations dans lesquelles, souvent la vérité est manipulée, «il est nécessaire que vous soyez les premiers à affirmer la supériorité de la réalité sur l’idée», a affirmé le Pape François en citant son exhortation apostolique du début de pontificat, Evangelii Gaudium. Face au manque de normes claires sur des sujets aussi complexes que le début ou la fin de vie, l’immigration ou la famille, les magistrats doivent assumer des responsabilités qui vont au-delà de leurs prérogatives normales.

Une mise à jour permanente doit accompagner la vie du magistrat pour mieux comprendre les changements de la société et être en mesure de mettre en œuvre avec sagesse une interprétation évolutive des lois. L’indépendance de la magistrature est fondamentale vis-à-vis du pouvoir politique comme vis-à-vis de toutes les pressions et sollicitations diverses.

La justice dans le respect de la dignité

Dans le fait de rendre justice, on touche la «chair vivante» des personnes, et des personnes les plus faibles. Le verdict d’un tribunal peut être un soulagement ou une consolation, comme il peut aussi blesser ou discriminer. Dans sa façon d’administrer la justice, le magistrat doit toujours chercher à respecter la dignité de chaque personne, avec «un regard de bonté», presque miséricordieux, qui favorise la recherche de la vérité d’une façon plus authentique.

«Vous êtes bien plus que des fonctionnaires», a conclu le Saint-Père. Les magistrats sont des modèles pour toute la société, en particulier vis-à-vis des jeunes. Des modèles qui ont été jusqu’à donner la vie pour leur fidélité à la valeur primaire de la justice, a-t-il souligné, faisant notamment allusion sans les nommer aux juges anti-mafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, assassinés en 1992 et auxquels il avait rendu hommage lors de son déplacement en Sicile en septembre dernier. Le Pape a tenu à exprimer aujourd’hui «son souvenir particulier et reconnaissant» à leur égard.

09 février 2019, 11:43