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Le Pape signant la Déclaration commune avec le Patriarche assyrien Mar Gewargis III. Le Pape signant la Déclaration commune avec le Patriarche assyrien Mar Gewargis III.  (Vatican Media)

Le Pape reçoit le Patriarche de l'Eglise assyrienne de l'Orient

Le Pape François a reçu ce matin le Patriarche de l’Église assyrienne de l’Orient, Mar Gewargis III. Cette Église autocéphale fondée au Ve siècle, et dont le siège se trouve à Erbil au Kurdistan irakien, compte entre 200 et 400 000 fidèles à travers le monde. Elle a été particulièrement éprouvée par les guerres en Syrie et en Irak.

Cyprien Viet - Cité du Vatican

Le Pape et le Patriarche assyrien ont prié ensemble dans la chapelle Redemptoris Mater du Palais apostolique, en invoquant le don de la paix au Moyen-Orient. Il ont aussi signé une Déclaration commune afin de poursuivre le travail de rapprochement mené entre ces deux Églises.

Dans ce document, le Pape François et le Patriarche Mar Gewargis III, qui s’étaient déjà rencontrés au Vatican en novembre 2016, rendent grâce au Seigneur pour «la proximité croissante dans la foi et dans l’amour entre l’Église assyrienne de l’Orient et l’Église catholique». Ils saluent les efforts menés depuis plusieurs décennies, «qui confirment qu’une diversité de coutumes et de disciplines n’est pas un obstacle à l’unité, et que certaines différences dans les expressions théologiques sont souvent complémentaires plus que conflictuelles».

Ils reviennent aussi sur la «souffrance commune» des chrétiens au Moyen-Orient, qui avait été au cœur de la rencontre de Bari en juillet dernier. «Les guerres et les persécutions ont augmenté l’exode des chrétiens des pays dans lesquels ils avaient vécu aux côtés des autres communautés religieuses depuis le temps des Apôtres», regrettent le Pape et le Patriarche assyrien, tout en exprimant leur reconnaissance pour la fidélité des martyrs dont le sang est la «semence» de l’unité des chrétiens.

La présence chrétienne est vitale pour le Moyen-Orient

Ils répètent qu’un Moyen-Orient sans présence chrétienne est inenvisageable, pour des raisons religieuses mais aussi culturelles et sociales, et invoquent donc le Christ, «le Prince de la paix», pour que la communauté internationale aide à construire «une solution politique qui reconnaisse les droits et les devoirs de toutes les parties impliquées», en mettant en avant le droit à la liberté religieuse et à la citoyenneté. «Les chrétiens ne veulent pas être considérés comme une minorité protégée ou un groupe toléré, mais comme des citoyens à part entière dont les droits sont garantis et défendus». Ils réaffirment aussi la nécessité d’un «dialogue interreligieux basé sur une attitude d’ouverture, de vérité et d’amour», qui constitue «le meilleur antidote à l’extrémisme».

Le Pape et le Patriarche assyrien invoquent enfin la sainte Trinité, «modèle d’une véritable unité dans la diversité, pour renforcer nos cœurs de façon à ce que nous puissions répondre à l’appel de ses disciples à être un dans le Christ».

Progresser vers la pleine communion

Dans un discours prononcé au début de la rencontre, le Pape François était revenu sur le «chemin de Croix» vécu par de nombreux chrétiens au Moyen-Orient, qui «tout en appartenant à des communautés différentes, instaurent entre eux des relations fraternelles, en devenant pour nous des témoins d’unité».

Il a aussi salué le travail mené par la Commission pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et l’Église assyrienne, dont les membres étaient présents pour la rencontre de ce matin. Il les avait déjà reçu il y a un an à l’occasion de la signature d’une Déclaration commune sur la vie sacramentelle. Le Pape a dit qu’il priait pour que les travaux de cette commission aident à avancer vers «la célébration du Sacrifice du Seigneur au même autel», c’est-à-dire à la pleine communion entre l’Église catholique et l’Église assyrienne.

09 novembre 2018, 12:24