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Le Pape François et le groupe du Collège Pontifical Latino-américain Le Pape François et le groupe du Collège Pontifical Latino-américain   (Vatican Media)

Des prêtres du Collège Pontifical Latino-américain reçus par le Pape

Ce 15 novembre, le Pape François a reçu en audience des membres du Collège Pontifical Latino-américain. Cet établissement romain de formation des prêtres, dirigé par des jésuites, fête cette année ses 160 ans d’existence.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

C’est avec une certaine sympathie, due à des racines humaines et spirituelles communes, que le Pape François s’est adressé ce matin à la communauté du Collège Pontifical Latino-américain. Celui-ci a été fondé par un prêtre chilien, José Ignacio Víctor Eyzaguirre, le 21 novembre 1858. Un établissement qui «cherche à être un lieu de rencontre, à Rome, de notre terre latino-américaine» d’après le Pape, et qui offre aux «jeunes prêtres l’opportunité de concevoir un regard, une réflexion et une expérience de communion expressément «latino-américanisée»».

Cette identité culturelle claire semble bienfaisante à l’époque actuelle. Le Saint-Père a en effet déploré «la fragmentation culturelle, la polarisation du tissu social et la perte des racines» qui frappent l’Amérique Latine et n’épargnent pas l’Église.

L’importance de la communauté sacerdotale

Pour y remédier, il est essentiel pour les prêtres d’envisager ce temps de formation au Collège Pontifical Latino-américain comme une occasion de «créer des liens et des alliances d’amitié et de fraternité», «une communauté sacerdotale ouverte et créative, joyeuse et pleine d’espérance», capable plus tard de rayonner au-delà de l’échelle paroissiale.

Le Pape François a insisté sur l’importance de la communauté, qui permet aux prêtres de «réveiller et d’encourager des processus et des dynamiques capables de transcender le temps». Le sentiment «d’appartenance et de reconnaissance aidera à libérer et à stimuler de façon créative des énergies missionnaires renouvelées, qui stimulent un humanisme évangélique capable de se convertir en intelligence et en force de propulsion pour notre continent», a analysé le Souverain Pontife.  Et tout cela permet de lutter contre le «pur gnosticisme», autrement dit «un Dieu sans Christ, un Christ sans Église, une Église sans Christ».

Une foi incarnée

Le Pape François a ensuite rappelé un élément essentiel de la tradition religieuse latino-américaine : «l’amour pour le Christ et du Christ ne peut pas se manifester autrement que dans la passion pour la vie et pour le destin de nos peuples et en particulière solidarité avec les plus pauvres, les souffrants et les nécessiteux».

Pour les prêtres, il est donc «nécessaire de développer le goût d’être toujours proche de la vie des gens ; ne nous éloignons jamais d’eux», a conseillé François. «La mission est passion pour Jésus, mais, en même temps, elle est passion pour son peuple», a-t-il insisté. Il faut pour cela savoir faire preuve d’écoute et d’empathie envers chacun, et «offrir chaque eucharistie pour ces visages qui nous ont été confiés».

Puis le Saint-Père a exhorté son auditoire à la sainteté, indiquant comme exemple saint Oscar Romero, «ancien élève de votre institution et signe vivant de la fécondité et de la sainteté de l’Église Latino-américaine».

Le Pape François a terminé son discours par un rappel des caractéristiques de la spiritualité jésuite, sous forme de conseils à l’intention des prêtres responsables ou formateurs. La direction de ce Collège, qui accueille des prêtres étudiants de divers diocèses d’Amérique Latine, est en effet confiée peu après sa création à la Compagnie de Jésus. Le saint Pape Pie X rend cette mission des jésuites «perpétuelle» en 1905.

15 novembre 2018, 14:20