Version Béta

Cerca

Vatican News

Le cardinal Tauran, un fidèle serviteur de l'Église

Le cardinal Jean-Louis Tauran (1943-2018) fut un grand serviteur de l'Église catholique et du Saint-Siège, oeuvrant directement au service de trois Papes: Jean-Paul II, Benoît XVI et François.

Hélène Destombes - Cité du Vatican

Le Vatican et l’Église universelle sont en deuil: le cardinal français Jean-Louis Tauran, président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, est décédé ce jeudi 5 juillet dans la soirée aux États-Unis où il était venu se faire soigner. Âgé de 75 ans, il souffrait depuis de nombreuses années de la maladie de Parkinson. Au service de l’Église et de la diplomatie du Saint-Siège, le cardinal Tauran, originaire de Bordeaux, aura poursuivi sa mission avec foi, amour et conviction jusqu’au dernier instant, malgré la maladie. 

Diplomate de grande envergure, polyglotte, homme de foi et de dialogue, c’est une figure emblématique du Saint-Siège qui s’est éteinte ce jeudi. Le cardinal Tauran, débutera à partir de 1975 sa mission au sein de la diplomatie pontificale, notamment auprès de la nonciature apostolique au Liban, établissant un premier lien privilégié avec le Moyen-Orient qu’il maintiendra tout au long de sa vie.

Créé cardinal en octobre 2003 par Jean-Paul II, il avait été le plus jeune prélat à la tête de la section des relations avec les États, avant d’être nommé responsable de la prestigieuse Bibliothèque Vaticane. En juin 2007, après les évènements liés au "discours de Ratisbonne", Benoît XVI le nomme président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, une fonction qu’il occupera pendant 11 ans. Homme fragilisé par la maladie, il incarnait à la fois la vulnérabilité, l’humilité mais aussi la force et la confiance. Ouvert sur le monde et ses contradictions, il rejetait le concept de «choc des civilisations» pour parler de «choc des ignorances et du radicalisme» insistant inlassablement sur l’importance de l’éducation.

Le cardinal Tauran, un proche du Pape François dont il appréciait l’humour, œuvrait pour rapprocher les hommes, créer des ponts, aimant à répéter que «les religions ne sont pas le problème mais la solution» et que «nous sommes condamnés au dialogue». Cette volonté de dialogue, cette qualité d’écoute, s’illustrèrent à de nombreuses reprises et tout dernièrement à travers le rapprochement avec l’université Al-Azhar en Egypte, mais aussi lors de sa visite en Arabie Saoudite, en avril dernier. Un voyage historique qui l’avait empli de joie et d’espérance, comme il nous l'avait confié à son retour:

Notre dernier entretien avec le cardinal Tauran
06 juillet 2018, 18:26