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Le Pape François lors de la conférence de presse dans l'avion de retour de Genève. Le Pape François lors de la conférence de presse dans l'avion de retour de Genève.   (ANSA)

Œcuménisme, immigration: ce que le Pape a dit dans l'avion

Comme le veut la tradition, le Souverain Pontife s'est exprimé devant les journalistes dans le vol retour vers Rome, l'occasion de revenir sur son voyage en Suisse et de s'exprimer sur plusieurs thèmes d'actualité.

Olivier Bonnel-Cité du Vatican

Interrogé par les 70 journalistes présents à bord de son vol, le Pape François s'est d'abord réjoui du succès de cette visite en Suisse, auprès du Conseil Œcuménique des Eglises, sur les pas de ses prédécesseurs Paul VI et St Jean-Paul II. Le Saint-Père a d'abord insisté sur la valeur de «la rencontre» qui fut en toile de fond de cette visite helvétique. Il a expliqué qu'il avait pu avoir «une rencontre humaine» avec ses interlocuteurs, au-delà de tout formalisme, qu'il s'agisse du président de la confédération Helvétique ou des différents responsables des Eglises chrétiennes.

La question de la préoccupation des jeunes est aussi souvent revenue dans ses conversations, dans la foulée de la réunion pré-synodale du mois de mars à Rome. Le Pape s'est ensuite livré au traditionnel jeu du questions-réponses avec les journalistes.

Communion du conjoint protestant

Interrogé sur le débat soulevé par les évêques allemands concernant la question de l’accès à la communion pour un protestant marié à un catholique, François a rappelé les pas accomplis en répétant qu'un approfondissement de la question apparaissait nécessaire, comme l’avait écrit Mgr Ladaria Ferrer, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi. A ce titre, le Pape a salué le document avec lequel les prélats allemands ont fait part de leur questionnement. Il est très important, a-t-il insisté, de bien d’évaluer la responsabilité dans la gestion des mariages interconfessionnels. En clair, pour le Pape, il s’agit de choisir le meilleur parcours pour le couple.

« Horrifié» par les conditions de certains migrants

François a également été interrogé sur les questions migratoires, au cœur de l’actualité, que ce soit en Mer Méditerranée ou à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Le Saint-Père a rappelé quatre verbes déjà exprimés par le passé face à celui qui fuit «la faim et la guerre»: accueillir, accompagner, promouvoir et intégrer. Le Pape s’est dit «horrifié» par les nouvelles qui proviennent de ce qu’il appelle les «prisons des trafiquants» en Libye, où des actes de cruauté indicibles touchent notamment des femmes et des enfants.

Le Souverain Pontife a néanmoins insisté sur le fait que les gouvernements devaient se mettre d’accord pour «gérer l’urgence à court-terme» et par conséquent mettre sur pied des politiques à moyen-terme afin de résoudre les racines de la crise migratoire. Il estime surtout qu'il est temps «d'investir intelligemment pour donner du travail et une éducation» aux migrants, dans leur pays d'origine, notamment en Afrique.

«Le problème des guerre est difficile à résoudre», a admis le Pape François, tout comme celui de la persécution des chrétiens. Le Pape a enfin souligné que le problème de la faim pouvait se résoudre à condition que la communauté internationale agisse avec concertation.

21 juin 2018, 23:30