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Le Pape en interview avec le vaticaniste Philip Pullella de l'agence Reuters Le Pape en interview avec le vaticaniste Philip Pullella de l'agence Reuters  (Vatican Media)

Chine, Chili, migrations: le Pape se livre dans un entretien à Reuters

Réforme de la Curie, dialogue Saint-Siège-Chine ou scandale des abus sexuels au Chili, le Pape François a passé tous les dossiers brûlants du moment au crible dans un entretien fleuve accordé à l’agence de presse britannique Reuters, dimanche 17 juin, mais paru le 20 juin. Les premiers extraits donnent une large part à la critique de l’administration Trump et de sa politique migratoire.

 «Le populisme n’est pas la solution, il ne l’est jamais». Clair et sévère, le Pape vise directement le gouvernement américain, se rangeant derrière les positions de l’épiscopat quant à la nouvelle politique migratoire de Washington. Centre de détention pour enfants, séparation des familles de migrants, le Pape confie «toute sa peine» quant à ces décisions du président Trump. En écho à la crise migratoire européenne dont l’Aquarius n’est qu’un des visages, François appelle toutefois à la prudence et prône plus d’investissements dans les pays de départs. 

Toujours en Amérique, le dossier chilien. Après la démission d’une trentaine d’évêques chiliens, qui avaient officiellement remis leur charge au Pape en mai dernier, François a accepté pour le moment trois démissions, cont celle de Mgr Juan Barros, à la suite d’un rapport accablant mettant en lumière «de nombreuses situations d’autorité et d’abus sexuels» couverts par l’Église. Mais d’autres démissions devraient suivre, révèle François, soulagé que «l’Eglise se soit réveillée sur le sujet».

Toujours en attente, lui, le dialogue Saint-Siège - Chine. Les deux parties cherche toujours un accord sur la nomination des évêques catholiques dans l’Empire du milieu. «Il y a des canaux ouverts, nous ne voulons pas les brûler» déclare François, qui déclare que les Chinois, méritent, selon lui, le «prix Nobel de la patience». «C'est un peuple très sage, je respecte beaucoup la Chine», précise le Souverain Pontife.

Enfin, le Pape partage son désir de féminiser un peu plus le Vatican, en nommant peut être plus de femmes à des postes clés, y compris dans des charges de préfets de dicastères non-juridictionnels, comme le Secrétariat pour la Communication ou pour l’Economie. Une évolution que pourrait prévoir la future Constitution apostolique, attendue très prochainement.

20 juin 2018, 17:47