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Le Pape François était ce dimanche 11 mars dans le quartier du Trastevere pour fêter le 50e anniversaire de la Communauté de Sant’Egidio. Le Pape François était ce dimanche 11 mars dans le quartier du Trastevere pour fêter le 50e anniversaire de la Communauté de Sant’Egidio.  (ANSA)

Le Pape célèbre les 50 ans de la Communauté Sant’Egidio

Le Saint-Père a participé à une Liturgie de la Parole en la basilique Sainte-Marie du Trastevere, pour les 50 ans de la Communauté de Sant'Egidio. Créé en 1968, cette institution est devenue très active dans de nombreux domaines.

Le Pape François était ce dimanche 11 mars en déplacement dans le quartier du Trastevere, à Rome, pour fêter le 50e anniversaire de la Communauté de Sant’Egidio, en compagnie notamment de son fondateur, Andrea Riccardi, et de son président, Marco Impagliazzo. Le Saint-Père a participé à une Liturgie de la Parole en la basilique Santa Maria in Trastevere.

Le Saint-Père a également écouté les témoignages de plusieurs participants, dont  Giovanna une octogénaire engagée dans la Communauté, Jafar, un jeune Syrien arrivé en Italie avec les couloirs humanitaires, Laura, une bénévole de 23 ans à l'École de la paix pour les enfants pauvres d'Ostie, et Mauro Garofalo, directeur de les relations internationales de Sant'Egidio, qui agit en tant que médiateur en Afrique centrale. 

Surmonter les peurs

Dans son intervention, le Pape est revenu sur les trois piliers de l'action de Sant'Egidio, «la prière, les pauvres et la paix», comme il l’avait fait lors d’une précédente visite dans la communauté, en juin 2014. «Le monde aujourd’hui est souvent habité par la peur et par la colère», et «les peurs se concentrent souvent sur celui qui est étranger, différent, pauvre, comme s’il était un ennemi». Une attitude de fermeture qui est au cœur de certains plans de développement des nations, a regretté le Saint-Père, et qui peut aussi contaminer les chrétiens, «qui, comme ce serviteur de la parabole, cachent le don reçu, ne l’investissent pas dans le futur, ne le partagent pas avec les autres, mais le conservent pour eux-mêmes».

Pour éviter cette peur, qui vient souvent d’une certaine solitude, l’impulsion donnée par la vie communautaire est essentielle. Et c’est en cela que l’expérience de Sant’Egidio est un exemple de ce que le Concile Vatican II a fait fleurir de meilleur dans le Peuple de Dieu. François a rendu hommage à tous ceux qui s’investissent pour la paix, notamment en accueillant les réfugiés syriens venus avec les couloirs humanitaires.

Dans un contexte mondial difficile, «la Parole de Dieu vous a protégés dans le passé des tentations de l’idéologie et aujourd’hui de l’intimidation de la peur», a lancé François. Le Pape a donc invité à lire la Bible, «la source de la miséricorde envers les pauvres, les blessés de la vie et de la guerre», qui aide à bien discerner les signes des temps, pour que la mondialisation soit aussi «une globalisation de la solidarité  et de l’esprit». Avec «un regard miséricordieux» porté sur les plus petits pourra se reconstituer «le tissu humain des périphéries, que la violence et l’appauvrissement ont déchiré», et c’est aussi que pourra se construire une annonce audacieuse de l’Évangile.

Une communauté devenue mondiale

Cette communauté créé le 7 février 1968 par un groupe de lycéens, sous l'impulsion de l'historien Andrea Riccardi, est devenue une institution très dynamique, active dans le domaine du dialogue interreligieux, dans l’aide aux personnes les plus pauvres, particulièrement dans la capitale italienne, ou encore dans la résolution des conflits comme avec la signature le 4 octobre 1992 d'un accord de paix pour le Mozambique, qui mit fin à une guerre civile qui avait fait un million de morts. La communauté est présente sur tous les continents, avec plus de 60 000 personnes de tous âges et de toutes conditions sociales. Depuis décembre 2015, la communauté a également permis la mise en place des couloirs humanitaires vers l'Italie.

 

Depuis 1973, la Communauté de Sant'Egidio est installée dans l'église du même nom dans le quartier de Trastevere, un ancien couvent carmélite. En 1981, Jean-Paul II a également confié à la Communauté la basilique de Santa Maria in Trastevere. En hiver, l'église de San Callisto, presbytère appartenant à la basilique de Santa Maria in Trastevere, accueille chaque soir une quarantaine de femmes et d'hommes sans-abri.

 

11 mars 2018, 17:56