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Le Pape prie pour que l'Europe parvienne à l'unité rêvée par les Pères fondateurs

Lors de la messe célébrée ce mercredi en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le Saint-Père a prié pour que l'Europe puisse réussir à conserver l’unité entre les nations. Son homélie était centrée sur l'amour de Dieu, qui a envoyé son Fils afin de sauver le monde et non pour le condamner.

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En ce mercredi de la deuxième semaine du Temps Pascal, François a introduit la messe par ces mots:

«En ce temps où tant d'unité est nécessaire entre nous, entre les nations, prions aujourd'hui pour l'Europe, afin que l'Europe ait cette unité, cette unité fraternelle dont rêvaient les pères fondateurs de l'Union européenne.»

Dans son homélie, le Pape a commenté l'Évangile du jour (Jn 3, 16-21) dans lequel Jésus dit à Nicodème que «Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé».

Vous trouverez ci-dessous le texte de l'homélie (transcription non officielle):

«Ce passage de l’Évangile de Jean, chapitre 3, le dialogue entre Jésus et Nicodème, est un véritable traité théologique: il y a tout. Le kérygme, la catéchèse, la réflexion théologique, la parénèse... il y a tout, dans ce chapitre. Et chaque fois que nous le lisons, nous rencontrons plus de richesse, plus d'explications, plus de choses qui nous font comprendre la révélation de Dieu. Ce serait bien de le lire beaucoup de fois, pour s'approcher du mystère de la rédemption. Aujourd'hui, je ne prendrai que deux points de tout ceci, deux points qui se trouvent dans le passage d'aujourd'hui.

Le premier est la révélation de l'amour de Dieu. Dieu nous aime et il nous aime - comme le dit un saint - comme une folie: l'amour de Dieu semble une folie. Il nous aime: "Il a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique". Il a donné son Fils, il a envoyé son Fils et l'a envoyé mourir sur la croix. Chaque fois que nous regardons le crucifix, nous trouvons cet amour. Le crucifix est précisément le grand livre de l'amour de Dieu. Ce n'est pas un objet à mettre ici ou là, plus beau, pas si beau, pas si ancien, plus moderne... non. Il est précisément l'expression de l'amour de Dieu. Dieu nous a aimés de cette façon: il a envoyé son Fils, [qui] s'est détruit jusqu'à mourir sur la croix par amour. Il a tellement aimé le monde, Dieu, qu'il a donné son Fils.

Combien de personnes, combien de chrétiens passent leur temps à regarder le crucifix ... et là ils trouvent tout, parce qu'ils ont compris, l'Esprit Saint leur a fait comprendre qu'il y a toute la science, tout l'amour de Dieu, toute la sagesse chrétienne. Paul en parle, en expliquant que tout le raisonnement humain qu'il fait est utile jusqu'à un certain point, mais le vrai raisonnement, la plus belle façon de penser, mais aussi qui ce qui explique le plus tout, c’est la croix du Christ, c'est le Christ crucifié qui est scandale et folie, mais qui est le chemin. Et c'est l'amour de Dieu. Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. Et pourquoi cela ? Pour que celui qui croit en Lui ne soit pas perdu mais ait la vie éternelle. L'amour du Père qui veut que ses enfants soient avec lui.

Regarder le crucifié en silence, regarder les blessures, regarder le cœur de Jésus, regarder l'ensemble: le Christ crucifié, le Fils de Dieu, anéanti, humilié... par amour. C'est le premier point que nous fait voir aujourd'hui ce traité de théologie qu’est le dialogue de Jésus avec Nicodème.

Le deuxième point nous aidera également: "la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises". Jésus s'empare aussi de la lumière. Il y a des gens - même nous, bien souvent - qui ne peuvent pas vivre dans la lumière parce qu'ils sont habitués à l'obscurité. La lumière les éblouit, ils sont incapables de voir. Ce sont des chauves-souris humaines: elles ne savent se déplacer que la nuit. Et nous aussi, quand nous sommes dans le péché, nous sommes dans cet état: nous ne tolérons pas la lumière. Il est plus confortable pour nous de vivre dans l'obscurité ; la lumière nous gifle, nous fait voir ce que nous ne voulons pas voir. Mais le pire, c'est que les yeux, les yeux de l'âme de tant de personnes vivant dans l'obscurité s'y habituent tellement qu'ils finissent par ignorer ce qu'est la lumière. Je perds le sens de la lumière parce que je m'habitue à l'obscurité. Et tant de scandales humains, tant de corruptions nous le montrent. Les corrompus ne savent pas ce qu'est la lumière, ils ne savent pas. Nous aussi, quand nous sommes en état de péché, en état d'éloignement du Seigneur, nous devenons aveugles et nous nous sentons mieux dans l'obscurité et nous allons comme ça, sans voir, comme les aveugles, en bougeant comme nous pouvons.

Laissons l'amour de Dieu, qui a envoyé Jésus pour nous sauver, entrer en nous et la lumière que Jésus apporte, la lumière de l'Esprit, entrer en nous et nous aider à voir les choses avec la lumière de Dieu, avec la vraie lumière et non avec les ténèbres que le seigneur des ténèbres nous donne.

Deux choses, aujourd'hui: l'amour de Dieu dans le Christ, dans le Crucifié; et au quotidien, dans la question quotidienne que nous pouvons nous poser: "Est-ce que je marche dans la lumière ou est-ce que je marche dans les ténèbres? Suis-je un enfant de Dieu ou ai-je fini par être une pauvre chauve-souris ?"».

Comme chaque matin, le Pape a terminé la célébration par un temps d’adoration et la bénédiction eucharistique, en invitant à la communion spirituelle.

Voici la prière récitée par le Pape:

«Mon Jésus, je crois que tu es vraiment présent dans le Saint Sacrement de l'autel. Je t'aime par-dessus tout et te désire dans mon âme. Puisque je ne peux pas vous recevoir sacramentellement maintenant, venez au moins spirituellement dans mon cœur. Comme je suis déjà venu, je T'embrasse et toutes choses te rejoignent. Ne laisse jamais cela me séparer de Toi».

Avant de quitter la chapelle dédiée au Saint-Esprit, l'antienne mariale "Regina caeli", chantée pendant le Temps Pascal, a été entonnée:

«Regína caeli laetáre, allelúia.

Quia quem merúisti portáre, allelúia.

Resurréxit, sicut dixit, allelúia.

Ora pro nobis Deum, allelúia».

22 avril 2020, 08:15
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