Recherche

Sur cette photo prise le 3 février 2020, un soldat burkinabé patrouille dans un camp abritant des personnes déplacées du nord du Burkina Faso à Dori. Sur cette photo prise le 3 février 2020, un soldat burkinabé patrouille dans un camp abritant des personnes déplacées du nord du Burkina Faso à Dori.   (AFP or licensors) Les dossiers de Radio Vatican

L'assistance de l’Église ivoirienne aux réfugiés burkinabès

Le nombre de réfugiés burkinabés en Côte d’Ivoire a augmenté en un peu plus d’un an. Quelques 8 700 personnes ayant fui les violences jihadistes se sont installées dans le nord et le nord-est de la Côte d’Ivoire, selon le Conseil national de sécurité ivoirien. En septembre 2021, la localité de Tougbô a accueilli certains réfugiés, comme en témoigne le père Wielfried N’Guetta Kobenan Kra, administrateur de la quasi paroisse Cœur Immaculé de Marie.

Entretien réalisé par Myriam Sandouno - Cité du Vatican

Entretien avec p. Wilfried N’Guettia, prêtre ivoirien à Tougbô

Le nord de la Côte d’Ivoire reste un lieu de refuge pour de nombreux burkinabès ayant fui les attaques jihadistes meurtrières, qui touchent depuis 2015 le Burkina Faso. Ces attaques sont parfois perpétrées à seulement quelques kilomètres de la frontière ivoirienne. La localité de Tougbô située au nord-est ivoirien, précisément dans le département de Bouna et frontalière du Burkina Faso, a accueilli quelques 6 000 réfugiés burkinabès de septembre 2021 au 15 janvier 2022.

Ces réfugiés qui «arrivaient en terre ivoirienne sont surtout ceux qu’on appelle les Komono, ils sont à la fois en Côte d’Ivoire et au Burkina», explique le père Wielfried N’Guetta Kobenan Kra administrateur de la quasi paroisse Cœur Immaculé de Marie. Ils ont pour la plupart été reçus dans des familles d’accueil à Tougbô, même si certains parmi eux avaient leurs proches qui résident dans cette ville. Les réfugiés issus de familles nombreuses, n'ayant pas eu de familles d'accueil, étaient quant à eux «logés dans des maisons inachevées, et c’est là que ces personnes se trouvent», raconte le religieux. «D'autres se sont intégrés et ceux qui avaient des petits métiers ont commencé à exercer, mais la grande partie attend toujours que la situation se normalise», affirme le père Wilfried évoquant les problèmes liés à la nourriture, aux soins, aux vêtements auxquels ils sont confrontés. En pareille circonstance, dit-il, «si vous avez votre propre terre, c’est mieux de pouvoir cultiver par vous-même et avoir quelque chose à manger et nourrir votre petite famille».

Les actions menées par les fidèles chrétiens

Poursuivant, le prêtre ivoirien raconte avoir pu entrer en contact avec ces réfugiés lors des visites de familles, qu’il effectuait à Tougbô. C’est ainsi que «j’ai touché du doigt la situation précaire de ces réfugiés-là», fait-il savoir. Il y avait «des problèmes d’eau», souligne-t-il, et les réfugiés «étaient obligés d’aller dans un barrage où moutons, cabris, bœufs allaient s’abreuver». Face à cette triste situation, les fidèles de la quasi paroisse Cœur Immaculé de Marie de Tougbô ont mis à disposition une pompe à motricité humaine pour leur faciliter l’approvisionnement en eau potable.

Le père Wilfried et quelques jeunes de la paroisse rendaient visite également à ces réfugiés troublés par la situation, qui ont aussi bénéficié de l’aide de l’évêque du diocèse de Bondoukou. «Mgr Essoh a envoyé une délégation de la Caritas diocésaine les mains chargées avec des vivres, des vêtements et des médicaments pour les réfugiés», déclare-t-il, soulignant qu’ils ressentent malgré tout, «cette en envie de retourner sur leurs propres terres. C’est le vœu qu’exprime la plupart de ces réfugiés que nous rencontrons», confie-t-il.

L’assistance de la Côte d’Ivoire

Les autorités ivoiriennes ont décidé d’aménager deux sites de transit dans les départements de Ouangolodougou (nord) et Bouna (nord-est),  pour accueillir les quelque 18 000 réfugiés du Burkina Faso qui sont présents dans le nord de la Côte d’Ivoire. C’est ce qu’a annoncé le 12 avril dernier le Conseil national de sécurité, présidé par le président Alassane Ouattara, face à la forte augmentation du nombre de déplacés qui fuient les violences au Burkina Faso. En un peu plus d’un an, le nombre de réfugiés a grimpé. En février 2022, le e Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en dénombrait environ 7 000.

Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici

18 avril 2023, 12:43