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Le cardinal Piat, évêque de Port-Louis, à l'île Maurice. Le cardinal Piat, évêque de Port-Louis, à l'île Maurice. 

Le cardinal Piat «horrifié» par des actes de torture commis par des policiers

L’évêque de Port-Louis, à l’île Maurice, réagit dans un communiqué à des vidéos largement partagées samedi dernier sur les réseaux sociaux, montrant des hommes dénudés aux mains de policiers leur faisant subir des actes de torture. Il demande justice pour ces crimes et appelle à un sursaut des autorités.

«Avec la population, j’ai été horrifié par les tortures infligées» par les autorités policières «supposées faire respecter le droit». Dans un communiqué publié le 1er juin, le cardinal Piat dénonce les actes de violences filmés dans trois vidéos postées, selon le site zinfos974, par l’opposition au pouvoir sur les réseaux sociaux samedi dernier. On y voit des hommes dénudés, dont les membres sont entravés, frappés sur différentes parties du corps, notamment par ce qui semble être un taser. Le fait que des membres de la force policière aient fait subir cette «violation effrayante des droits humains élémentaires» à des citoyens, qui étaient sous leur garde, «plonge la population dans un sentiment d’insécurité», estime le cardinal Piat. «Par la pratique de la torture, la police dont le devoir est de protéger les citoyens, devient elle-même, source de perturbation sociale». L’évêque de Port-Louis réaffirme les enseignements de l’Église: «En toutes circonstances, la dignité et les droits fondamentaux de la personne humaine doivent être respectés. Aucune situation ne peut excuser la transgression de ces droits».

La réaction du cardinal Maurice Piat, évêque de Port-Louis

Des sanctions réclamées

Parce que la police accueille aussi en son sein «des personnes intègres qui ont le sens du devoir et du respect de la population», le prélat juge «essentiel que les coupables de telles violences gratuites soient sévèrement sanctionnés et mis hors d’état de nuire». Prenant la parole au nom de ses fidèles et plus largement des citoyens, le cardinal Piat espère «dans ce climat d’inquiétude» un «sursaut des autorités ; qu’elles se dressent comme un rempart pour défendre les valeurs de l’Etat de droit».


Ce jeudi, le Conseil des Religions «profondément choqué» souhaite dans un communiqué que «tout cas allégué de brutalité policière ou de torture soit référé à une Commission indépendante. La transparence dans la conduite de cette enquête est essentielle pour maintenir la confiance et, ainsi, pour préserver la cohésion sociale si indispensable pour le mieux-être de notre République.»

Une enquête ouverte

Après la diffusion de ces vidéos non datées, une des victimes présumées a porté plainte contre les officiers de la Criminal Investigation Division (CID) de Terre-Rouge pour «torture commise par des officiers publics». Une enquête a été ouverte. Deux d’entre eux ont été arrêtés dans ce cadre. Le site Defimedia rapporte par ailleurs que «sept officiers, qui étaient affectés à la Criminal Investigation Division (CID) de Terre-Rouge, ont été transférés à d’autres unités de la police, après la diffusion de ces vidéos». 

Proximité aux victimes

Dans son communiqué, le cardinal Piat adresse sa sympathie aux victimes – «je pense aussi au traumatisme vécu» - et à leur proches. «Elles ont besoin de tout notre soutien, de notre amitié et de notre solidarité dans leur détresse».

Il conclue en affirmant que «cette pratique de la torture par des représentants de la police ne blesse pas seulement le corps des victimes mais porte atteinte à la dignité d’une personne, de sa famille et finalement de la société toute entière».


02 juin 2022, 14:30