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Les candidats au second tour de la présidentielle : Jose Antonio Kast à droite et Gabriel Boric, à gauche Les candidats au second tour de la présidentielle : Jose Antonio Kast à droite et Gabriel Boric, à gauche  (ANSA)

Les évêques chiliens appellent à voter en conscience

À quelques jours du second tour de la présidentielle, et dans un contexte de polarisation politique, la Conférence épiscopale du Chili apprécie que les candidats modèrent leur ton et leurs propositions.

Vatican News

La Commission permanente de la Conférence épiscopale du Chili (CECh) a publié jeudi une déclaration concernant l’élection présidentielle de dimanche prochain, qui se déroule «dans un contexte de polarisation, qui s'est traduit par un climat de campagne agressive et disqualifiante, qui encourage la désaffection pour la politique et a souvent empêché une approche profonde des questions fondamentales qui comptent pour les Chiliens».

Sous le titre «Une nouvelle opportunité pour le pays», la déclaration de l'épiscopat évalue comme positif «le ton de modération dans les propositions et la reconnaissance des erreurs des candidats» qui a été donné ces dernières semaines.

Le 19 décembre, 15 millions de Chiliens sont appelés à départager Gabriel Boric, du Frente Amplio (gauche) et du Parti communiste, qui, au premier tour, le 21 novembre, a recueilli 25,8 % des voix,  de José Antonio Kast, du Parti républicain (droite), arrivé premier avec 27,9 % des voix.

Voter en toute conscience

Reconnaissant la participation civique comme l'un des piliers de la démocratie, les évêques appellent les catholiques et les citoyens à exercer leur droit de vote, les invitant à «voter en conscience, en considérant les principes chrétiens fondamentaux pour l'ordre social et politique». Ils rappellent également le devoir «que chacun d'entre nous est appelé à assumer, même lorsque les options en jeu présentent des insuffisances au regard de ces mêmes principes», en demandant que le plus grand bien commun soit recherché dans la décision.


«Dimanche prochain, nous aurons un nouveau président de la République et nous prions pour lui et son gouvernement. Nous lui demandons - poursuit la déclaration - de gouverner pour tous les Chiliens, en cherchant des voies de dialogue, d'accord, de justice et de fraternité. Nous demandons aux deux candidats d'honorer les valeurs démocratiques, d'accepter l'opinion des citoyens et de collaborer, depuis leur place, à la construction d'une communauté politique dont l'âme est la charité sociale».

Une nouvelle étape

La CECh réitère qu'il est bon de garder à l'esprit que le Chili ne se construit pas uniquement par les actions de ses politiciens, citant les mots du Pape François : «chaque jour, une nouvelle opportunité, une nouvelle étape nous est offerte. Nous ne devons pas tout attendre de ceux qui nous gouvernent, ce serait puéril. Nous jouissons d'un espace de coresponsabilité capable d'initier et de générer de nouveaux processus et transformations», souligne l'épiscopat.

«Prenons une part active à la réhabilitation et au secours des sociétés blessées. Aujourd'hui, nous avons une grande opportunité de montrer notre essence fraternelle, d'être d'autres bons samaritains qui supportent la douleur des échecs, au lieu d'accentuer la haine et le ressentiment», souligne la déclaration.

À quelques jours de Noël, les pasteurs concluent leur message en invitant «à prier pour l'unité de notre pays, en contemplant Dieu avec nous qui assume notre condition humaine pour que nous puissions vivre en frères et sœurs», et en lui demandant de «nous encourager dans le défi d'être des artisans de paix».

17 décembre 2021, 12:39