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Groupes de migrants à la frontière entre le Belarus et la Pologne, le 11 novembre 2021. Groupes de migrants à la frontière entre le Belarus et la Pologne, le 11 novembre 2021.  Éditorial

Lumières vertes, torches d'humanité

L’aide aux migrants dans les bois à la frontière entre la Pologne et le Belarus.

Andrea Tornielli

Il y a ceux qui instrumentalisent les migrants et les réfugiés en les transformant en otages, et cela fait la une des journaux quotidiens. Il y a ceux qui construisent à la hâte des barrières de barbelés pour repousser l'"invasion" d'enfants, de femmes et d'hommes sans défense qui errent dans le froid et qui ont besoin de tout dans les bois à la frontière entre le Belarus et la Pologne, et cela fait aussi la une des journaux. Il y a ceux qui descendent dans la rue pour soutenir la politique des bâtisseurs de murs, au nom d'une identité qui se veut chrétienne, et cela aussi n'échappe pas au radar des médias.

Mais il y a aussi ceux qui se rebellent, en silence, sans manifester, sans descendre dans la rue. En restant chez eux loin des caméras, ils allument des torches d'humanité. Et lorsque cette nouvelle arrive dans les pages des journaux - les journaux italiens Avvenire et Repubblica en parlent - elle ravive l'espoir. En Pologne, dans certaines maisons à la frontière, près des bois où se déroule le drame des migrants, il y a des hommes et des femmes qui n'ont pas cédé à la mondialisation de l'indifférence, soucieux de racines chrétiennes qui ne se sont pas transformées en idéologie mais qui puisent dans l'Évangile vivant, celui de la parabole du bon Samaritain.

Ce sont des personnes qui se souviennent de l'enseignement de saint Jean-Paul II, cité il y a trois jours par le Pape François à la fin de l'audience générale: «Aujourd'hui, le monde et la Pologne ont besoin d'hommes au grand cœur.» Et même s'ils savent qu'ils risquent d'être dénoncés comme aidant et encourageant l'immigration illégale, ces bons samaritains laissent une lumière verte allumée dans leur maison la nuit, avertissant que là, derrière les fenêtres éclairées, se trouve une assiette de soupe chaude et une couverture disponibles pour ceux qui passent, sans distinction de passeport ou de visa.

Ou bien ils laissent du lait fraîchement trait, des chaussures et des jerricans d'eau devant la porte, afin que les bénévoles silencieux, qui s'installent à la tombée de la nuit, puissent recueillir ces cadeaux et les déposer dans les bois pour ceux qui en ont tant besoin. «Essayer d'empêcher ces personnes désespérées de mourir est un crime aujourd'hui. Mais nous nous souvenons de la leçon du Pape Wojtyla et nous désobéissons de manière légale: oublier de la nourriture et des vêtements dans la forêt peut arriver et aujourd'hui c'est indispensable», a déclaré Wiktor Jarocki, un militant d'une association catholique de Krynki.

12 novembre 2021, 15:06