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La vice-présidente des Philippines, Leni Robredo est en lice pour la fonction suprême. La vice-présidente des Philippines, Leni Robredo est en lice pour la fonction suprême. 

Aux Philippines, les inconnues de l'après-Duterte

Aux Philippines, les élections générales se tiendront en mai 2022 mais la campagne s'amorce déjà. Le président, ainsi que les députés, les gouverneurs, et les maires, seront choisis dans un scrutin uninominal à un tour. Les défis sont nombreux, à commencer par donner une voix aux plus pauvres.

Olivier Bonnel - Cité du Vatican

Les Philippins seront appelés au printemps prochain à renouveller leur président mais aussi leurs gouverneurs, leurs députés et leurs maires. Un scrutin général à un seul tour qui favorise la personnalisation à outrance, au détriment des débats de fond. Le contexte politique est tendu dans l'archipel de 110 millions d'habitants, après bientôt six ans de pouvoir du président Rodrigo Duterte. Des années marquées par ses provocations verbales et surtout une guerre sans pitié contre les trafiquants de drogue qui a fait des centaines de morts. Celui-ci fait l'objet d'une enquête de la Cour pénale internationale pour un possible crime contre l'humanité.

Parmi les principaux candidats à la présidentielle figurent la vice-présidente Leni Robredo, devenue une opposante résolue à Duterte. Cette avocate de 56 ans avait quitté le gouvernement Duterte six mois après son investiture, après avoir découvert, par un conseiller présidentiel, qu'elle était exclue des réunions. Également en lice, Ferdinand Marcos Junior, le fils de l'ancien dictateur philippin, qui avait demandé à Rodrigo Duterte d'être son vice-président, ou encore la superstar de la boxe Manny Pacquaio, qui vient tout juste de raccorcher les gants pour se lancer en politique. 

La voix des pauvres marginalisée

Mais derrière les personnalités, il y a le contexte économique, social et sanitaire. Les Philippines sont toujours confinées en raison de la crise sanitaire. Les prochaines élections semblent passer à côté des grandes priorités, à commencer par parler aux plus pauvres. L'accès aux bidonvilles, par exemple est interdit, en raison des mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid 19, et de nombreuses écoles n'ont toujours pas rouvert leurs portes. 

L'Église philippine a appelé à «un vote responsable» qui fasse sortir un leader «au service du peuple», mais peine parfois à faire entendre sa voix. Le défi est de taille dans une société où l'info-spectacle est la norme et le poids des réseaux sociaux démesuré. Éclairage sur le contexte de ces futures élections avec le père assomptioniste Bernard Holzer. Ancien secrétaire général du CCFD, il vit aux Philippines depuis 2006.

Entretien avec le père Beranrd Holzer

 

12 octobre 2021, 10:07