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Giotto, L'adoration des mages, chapelle des Scrovegni - Padoue Giotto, L'adoration des mages, chapelle des Scrovegni - Padoue 

Giotto et Padoue à l'Unesco : un «message d’art et de foi»

Étudions notre histoire et apprenons, à partir de l'art qui nous a été transmis, quelle spiritualité animait les artistes du passé : c'est l'invitation de l'évêque de Padoue, Mgr Claudio Cipolla, qui, comme tout le diocèse et la communauté de Vénétie, s'enthousiasme pour cette reconnaissance universelle de l'Urbs Picta.

Fabio Colagrande et Gabriella Ceraso - Cité du Vatican

Le 24 juillet dernier, à l’occasion de la 44e session élargie du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, il a été décidé d’inscrire les magnifiques fresques du XIVe siècle qu’abrite la ville italienne de Padoue sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité.

Le site se compose en réalité de huit ensembles d’édifices religieux et séculiers, situés au sein de la ville historique fortifiée de Padoue ; ils abritent une sélection de cycles de fresques peints entre 1302 et 1397 par plusieurs artistes pour différents commanditaires et dans des édifices aux fonctions diverses. Elles comprennent le cycle de fresques de Giotto dans la chapelle des Scrovegni, considéré comme ayant marqué le début d’une évolution révolutionnaire dans l’histoire de la peinture murale, ainsi que d’autres cycles de fresques de différents artistes, à savoir Guariento di Arpo, Giusto de’ Menabuoi, Altichiero da Zevio, Jacopo Avanzi et Jacopo da Verona. «Cet ensemble illustre comment, au cours d’un siècle, l’art de la fresque s’est développé sur la base d’un nouvel élan créatif et d’une nouvelle compréhension de la représentation spatiale», pointe l’UNESCO. 

Cette décision a réjoui le diocèse de Padoue qui a soutenu la candidature de ces fresques. Mgr Cipolla, l’évêque de la ville, souligne combien l’initiative a uni la ville et permis la collaboration de tous : et cela constitue en soi «quelque chose d’important», dit-il.

«Mais l'expérience que nous avons vécue nous incite également à regarder vers l'avenir, en imaginant que cette histoire riche et séculaire peut nous inciter à être intellectuellement et spirituellement dignes», ajoute-il avant de poursuivre: «je crois que c'est cet axe qu'il faut retrouver: apprécier la technique mais aussi les messages que ces artistes ont voulu communiquer avec leur art: il est intéressant de contempler ce qu'ils ont laissé derrière eux pour le contenu spirituel qui est sous-entendu».

Un message qui touche le cœur de tous, pas seulement des croyants

«Nous pouvons donc parler de l'art comme d'un témoignage de foi, d'un Évangile proclamé aujourd'hui par ceux qui nous ont précédés: les artistes et ceux qui les ont inspirés», assure Mgr Cipolla, pour qui le message qui s’en dégage parle à tous, pas seulement aux croyants.

La beauté «évangélise», l'évêque de Padoue en est certain: «c'est une route extraordinaire que nous avons à notre disposition et cette reconnaissance de l'UNESCO nous encourage à regarder et à apprécier les dons que nous avons reçus et qui sont ceux du monde entier, de ceux qui veulent marcher sur les anciennes routes».

Le dialogue entre l'Église et la société du passé, que ces chefs-d'œuvre mettent en lumière, est aussi une leçon pour aujourd'hui. Sur ce point, l’évêque padouan se veut encourageant : notre époque n’est pas «abandonnée» par l’Évangile et les signes artistiques nous le rappellent. «Nous pouvons continuer à dialoguer et à nous enrichir mutuellement».

02 août 2021, 14:39