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Gino Strada, ici auprès de Jean-Paul II lors de l'audience générale du 11 décembre 2002. Gino Strada, ici auprès de Jean-Paul II lors de l'audience générale du 11 décembre 2002. 

Gino Strada, fondateur de l'ONG "Emergency", est décédé

Le chirurgien italien s'est éteint durant ses vacances en France. Il avait fondé en 1994, en réaction au génocide rwandais, l'ONG "Emergency", une des plus grandes organisations humanitaires au monde.

Gino Strada, personnalité emblématique du monde humanitaire en Italie, s'est éteint subitement ce 13 août à Rouen, durant ses vacances en Normandie. Né en 1948, ce chirurgien avait fondé en 1994 l'ONG "Emergency", dont l'activité et la renommée sont comparables en Italie à celles de Médecins sans Frontières (MSF) en France. 

Très bon connaisseur de l'Afghanistan, il avait encore rédigé hier un article au sujet de l'offensive fulgurante des talibans ces derniers jours dans ce pays. «Nous avons dit il y a 20 ans que cette guerre serait un désastre pour tout le monde. Aujourd'hui, le résultat de cette agression est là pour que tout le monde puisse le voir : un échec», a-t-il souligné avec amertume.

Une ONG qui a soigné plus de 10 millions de personnes

Lancée le 18 juillet 1994, son ONG s'est tout d'abord lancée au secours des populations du Rwanda, dévasté par la guerre civile. Puis sont venus l'Afghanistan et le Soudan, l'Irak ou encore la Sierra Leone. L'association proposait un traitement médical et chirurgical gratuit pour tous, sans distinction entre civils et combattants. Près de 11 millions de personnes ont été aidées par ses équipes au total.

En 2015, Gino Strada avait reçu le Prix Nobel alternatif. «J'ai vu les blessés et les morts, j'ai opéré des milliers de personnes, blessées par des fragments de bombe ou missiles. A Kaboul, j'ai examiné les dossiers médicaux de 1200 patients. pour constater que moins de 10 % étaient vraisemblablement des militaires. 90% des victimes étaient des civils, un tiers d'entre eux, des enfants. C'est donc ça 'l'ennemi'?», avait-il demandé durant son discours devant les parlementaires suédois.

Un temps pressenti pour des responsabilités politiques, Gino Strada avait reçu des voix pour l'élection à la présidence de la République italienne en 2006. Son décès a suscité aujourd'hui des hommages unanimes, du président Sergio Mattarella au chef du gouvernement Mario Draghi, qui a salué «son professionnalisme, son courage et son humanité dans les zones les plus difficiles du monde».

13 août 2021, 19:07