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L’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 30 juillet «Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains». L’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 30 juillet «Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains».   (©yupachingping - stock.adobe.com)

Journée contre la traite: de l'Asie à l'Amérique, une lutte pour la dignité humaine

Ce vendredi 30 juillet marque la Journée mondiale des Nations unies contre la traite des êtres humains. Le réseau mondial de lutte contre la traite des personnes "Talitha Kum", qui compte plus de 3 000 religieuses et laïcs catholiques, lance diverses initiatives aux quatre coins du monde.

Andrea De Angelis - Cité du Vatican

Une créativité au service du bien, comme le Pape l'a demandé à plusieurs reprises afin de promouvoir la charité, de lutter contre la culture du gaspillage et de favoriser la protection des droits de l'homme. Dire non à l'exploitation des personnes, braquer les projecteurs sur un drame qui touche des femmes et des hommes dans tous les pays, tel est l'objectif de la Journée mondiale contre la traite des êtres humains d'aujourd'hui, instituée en 2013 par l'Assemblée générale des Nations unies et célébrée chaque année le 30 juillet.

Soins et respect

S'occuper des autres. Prendre soin des personnes blessées, comme celles qui sont victimes de la traite des êtres humains. Aujourd'hui, Talitha Kum, le réseau international de la vie consacrée contre la traite des personnes, se penche sur cette prise en charge. Elle le fait en promouvant la campagne "Care Against Trafficking", lancée il y a une semaine, qui vise à montrer que les soins peuvent faire la différence à chaque étape du parcours de lutte contre la traite des personnes: soins aux personnes à risque, aux victimes et aux survivants. Comme une goutte d'eau dans un océan, cette campagne a déjà vu fleurir des initiatives aux quatre coins du monde, du continent asiatique à la Colombie.

Jeunes ambassadeurs

Sœur Gabriella Bottani, CMS, coordinatrice internationale de Talitha Kum, a présenté à Radio Vatican - Vatican News l'initiative née en Asie et qui entend semer des graines d'espérance, sur la base de l'expérience de ceux qui ont réussi à surmonter la tragédie de la traite, sans en effacer les blessures profondes, mais en démontrant qu'il est possible de recommencer. En résistant, en se battant et en cherchant toujours la lumière au bout du tunnel. Entretien.

Aujourd'hui est une date importante pour mettre en lumière un problème qui doit être abordé au quotidien. Votre initiative a déjà porté ses fruits, notamment sur le continent asiatique où les jeunes, ambassadeurs contre le trafic, seront les protagonistes.

Oui, aujourd'hui est un jour important car les réseaux asiatiques, surtout dans le Sud et le Sud-Est, ont identifié des jeunes qui, entrés en contact avec nos réseaux, ont accepté le défi d'entamer un processus pour devenir ambassadeurs. Des présences qui promeuvent une culture de l'attention pour lutter contre la traite des êtres humains. Avec nous pour mener à bien cette initiative, il y aura Joy Ezekiel qui est l'une des proches collaboratrices de Talitha Kum et qui accompagnera ce projet. Elle apportera une richesse importante, à savoir son expérience personnelle en tant que survivante à la traite.

Ambassadeurs, sentinelles, jeunes figures en première ligne de cette bataille. Quelle importance revêt le témoignage de ceux qui ont réussi à en sortir, pour connaître des histoires positives qui peuvent devenir un modèle pour ceux qui pensent peut-être qu'ils ne peuvent pas réussir?

C'est très important! Dans un contexte virtuel auquel nous sommes habitués, pensez à l'utilisation des réseaux sociaux, cela nous rappelle l'importance de la réalité. Une réalité difficile, violente et douloureuse, mais qui est aussi pleine d'espérance. Je crois que les jeunes devraient entendre ces témoignages, faire l'expérience de l'espérance comme moteur des rêves. Rêves qui sont utilisés par les trafiquants pour recruter des personnes. Mais le rêve est le rêve de Dieu pour chacun d'entre nous, c'est la beauté. Alors avoir avec nous une survivante qui nous rappelle l'importance de rester les pieds ancrés dans la réalité, avec une tête qui rêve et un cœur capable de réaliser nos désirs pour le bien, c'est vraiment fondamental, c'est beau.

Passons à la Colombie, où une page de cette même beauté s'écrit littéralement au fil de la plume...

J'ai été émue d'apprendre cette initiative dont, comme Talitha Kum, nous avons été informées par les sœurs colombiennes qui travaillent contre la traite. Une initiative qui étonne et implique à la fois ceux qui s'en occupent et ceux qui en sont victimes. Des personnes invitées à raconter leur vie en petites phrases, en poèmes. La poésie a une charge énorme, puissante et je suis vraiment impatiente, curieuse de pouvoir écouter ces écrits qu'ils vont nous donner.

Les mots du Pape

Une économie sans traite prend soin des personnes et de la nature, déclare le Pape François dans son message vidéo pour la 7ème journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des êtres humains. Il s'agit d'une «économie solidaire». Une économie sans traite est régie par «des règles de marché qui favorisent la justice et non des intérêts particuliers exclusifs», a poursuivi l’évêque de Rome.

La traite des êtres humains trouve un terrain fertile dans l'approche du capitalisme néolibéral, dans la dérégulation des marchés qui vise à maximiser les profits sans limites éthiques, sans limites sociales, ni environnementales. Si l'on suit cette logique, il ne reste que le calcul des avantages et des inconvénients. Les choix ne sont pas faits sur la base de critères éthiques, mais en fonction d'intérêts dominants, souvent habilement dissimulés sous un vernis humanitaire ou écologique. Les choix ne se font pas en regardant les personnes: les personnes sont des numéros, même pour être exploitées.

Une économie sans traite, concluait le Pape, est une économie courageuse qui répond à la crise d'une manière qui n'est pas myope et qui ne regarde pas seulement le court terme, mais aussi le long terme. Toujours mettre la personne au centre.

30 juillet 2021, 10:34