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Une gerbe de fleurs déposée jeudi 22 juillet devant la cathédrale d'Oslo, en hommage aux victimes de 2011. Une gerbe de fleurs déposée jeudi 22 juillet devant la cathédrale d'Oslo, en hommage aux victimes de 2011.  (AFP or licensors)

Dix ans après le massacre d'Utoya, quelle est la menace du terrorisme d'extrême-droite?

Le 22 juillet 2011, la Norvège était le théâtre du pire attentat terroriste de son histoire. Anders Berhing Breivik, un militant d'extrême-droite, tuait 77 personnes dans deux attaques. Alors que le pays scandinave commémorait ce jeudi les dix ans de la tragédie, gros plan sur l'état de la menace des militants suprémacistes radicalisés.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel-Cité du Vatican

Ce jeudi 22 juillet était un jour d'hommage national en Norvège. Il y a tout juste dix ans le pays basculait dans le cauchemar. Un jeune militant d'extrême-droite, Anders Berhing Breivik faisait exploser une bombe non loin du siège du gouvernement à Oslo, faisant 8 morts et de nombreux blessés. Puis, déguisé en policier, il avait ensuite ouvert le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste (AUF) sur l'île d'Utøya, faisant 69 autres victimes, essentiellement des adolescents.

A midi, les cloches des églises du pays ont sonné en mémoire aux victimes du massacres, la pire tuerie sur le sol norvégien depuis la Seconde guerre mondiale. Une messe a par ailleurs été célébrée dans la cathédrale d'Oslo en présence notamment du couple royal norvégien et de nombreuses personnalités politiques du pays.

«La haine est toujours là»

«Il y a dix ans, nous avons répondu à la haine par l'amour. Mais la haine est toujours là», a expliqué Jens Stoltenberg, alors premier ministre norvégien lors des faits, aujourd'hui Secrétaire-général de l'Otan. Si Breivik devrait finir ses jours en prison, les accès de haine raciste de la part de militants d'extrême droite sont en effet toujours source d'inquiétude.  La tentative d'attentat perpétrée en 2019 par un autre extrémiste contre une mosquée près d'Oslo en est le témoignage.

Dans d'autres pays occidentaux, cette menace s'est traduite dans les faits par des attentats faisant des victimes, que ce soit celui de Christchurch en Nouvelle-Zélande en mars 2019 qui visa deux mosquées et fit 51 morts ou à Halle en Allemagne, le 9 octobre de la même année, où une synagogue fut la cible d'un néonazi pendant Yom Kippour, une attaque qui fit deux morts et deux blessés graves.

Dix ans après le massacre d'Utøya, que reste t-il de ce drame? Quelle est l'état de la menace de l'extrême droite radicale dans les pays occidentaux ? Éléments de réponse avec le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite. Il dirige l'Observatoire des radicalités politiques au sein de la fondation Jean Jaurès à Paris

Entretien avec Jean-Yves Camus

 

22 juillet 2021, 14:06