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Le 2 juillet 2021, vers Bab al-Hawa, une chaine humaine des humanitaires pour sauver l'arrivée de l'aide. Le 2 juillet 2021, vers Bab al-Hawa, une chaine humaine des humanitaires pour sauver l'arrivée de l'aide.   (AFP or licensors)

En Syrie, l’arrivée de l’aide humanitaire sévèrement menacée

Le sujet est dans les mains de quelques pays aux Nations unies : d’ici le 10 juillet l’autorisation transfrontalière qui permet d’acheminer de l’aide humanitaire depuis la Turquie dans la région d’Idleb dans le nord de la Syrie sera vraisemblablement suspendue. Trois millions de personnes vivent dans cette région.

Marine Henriot, avec agences – Cité du Vatican

En vigueur depuis 2014, l’autorisation transfrontalière permet d’acheminer l’aide humanitaire des Nations unies aux Syriens dans la région d’Idleb, sans l’aval de Damas. Cette aide, passant par la Turquie, arrive dans le seul point d’entrée de Bab al-Hawa, aux trois millions de personnes vivant dans cette région où se trouve également le noyau de l’opposition au gouvernement.

Faute d’accord aux Nations unies, cette autorisation transfrontalière expirera le 10 juillet prochain.

Pourquoi les Nations unies ne trouvent-elles pas d’accord ?

Pour être adoptée, une résolution des Nations unies doit recueillir le vote affirmatif de neuf membres du Conseil de Sécurité, dont celui des cinq membres permanents qui sont la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis.

Or, Moscou, allié de Damas, prône le retour d’une pleine souveraineté syrienne, et met ainsi son véto au prolongement de cette aide humanitaire qui arrive sans passer par le pouvoir central syrien. Selon la Russie, l’aide internationale partant de la capitale syrienne doit remplacer l’aide humanitaire des Nations unies passant par la Turquie. Une option inenvisageable pour les Occidentaux.

Depuis le début de la guerre en 2011, Moscou considère que la dégradation de la situation humanitaire en Syrie est due aux sanctions occidentales.

La Turquie de son côté, souhaite garder le couloir humanitaire menant à Bab al-Hawa ouvert. Le pays accueille près de quatre millions de réfugiés syriens et craint un nouvel afflux en cas d’arrêt de l’aide de première urgence.

Une catastrophe humanitaire

La Syrie «bien-aimée et tourmentée», selon les mots du Pape François utilisés lors de son message Urbi et Orbi du 1er avril dernier, est ravagée par une guerre depuis 2011. Aujourd’hui, les combats se font plus rares mais le pays est exsangue. «les bombes ne tombent plus dans plusieurs régions de la Syrie, grâce à Dieu, mais nous avons maintenant une autre bombe, celle de la pauvreté», déclarait sur notre antenne il y a quelques jours le nonce apostolique à Damas, le cardinal Mario Zenari.  

80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon les ONG sur le terrain. Plus de 60% de la population est déplacée, au sein de la Syrie ou hors frontière, et le pays est 154eme sur 189 pour l’indice de Développement humain. Toutes les couches de la société syrienne sont touchées par cette crise, et doivent survivre dans un quotidien touché par les pénuries, l’inflation exorbitante et les coupures d’électricité.

04 juillet 2021, 13:28